jeudi 28 juin 2007
Thérapie du sourire, épisode deux
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Lorsque j’ai d'abord annoncé à mon homme qu’il nous faudrait faire un emprunt de 2000 euros pour pouvoir me faire poser un implant dentaire,
lorsque j’ai précisé ensuite qu’il ne serait pas remboursé par la sécurité sociale,
Lorsque j’ai enfin ajouté que notre mutuelle nous rembourserait 122 euros,
j’ai essayé mon plus beau sourire :
Fans de la quatrième dimension ?
Visitez ce forum hallucinant !
(et ceux qui y comprennent quelque chose seraient gentils de me faire un petit résumé!)
mardi 26 juin 2007
Absente
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Elle s’est levée
Automate
Ses bras ont failli
Devant l’armoire
Devant l’armure
Des vêtements
Elle est posée là
Comme absente au monde
Corps fatigué
Englué dans la poisse
Elle s’est arrêtée
Tête penchée
Qui cherche encore la lumière
A trop attendre la vie
La vie s’en va
Le corps reste
Si peu
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samedi 23 juin 2007
Premier rôle
Je tiens ce monde pour ce qu'il est : un théâtre où chacun doit jouer son rôle.
William Shakespeare, Extrait du Marchand de Venise.
Il fait tout noir. Des affiches sur le mur recommandent le plus grand silence mais personne ne semble en tenir compte. La lumière apparaît sur la scène et le public se tait enfin.
Chacun brandit son camescope, son appareil photo ou son portable et la salle brille de mille feux, on se croirait revenu aux temps de l’éclairage à la bougie.
Dix petits font leur entrée, déguisés en poussins. L’un d’eux est en pleurs. Pendant que les autres bougent en cadence et refont pour leurs parents les pas et les gestes qu’ils ont appris par cœur pendant de longs mois, le petit bonhomme pleure en silence. Son visage est tordu par un terrible rictus, les larmes coulent sans s’arrêter mais le petit suit le mouvement avec courage. Seuls ses yeux mouillés le trahissent maintenant.
Ça et là des rires nerveux ont commencé à fuser et le petit poussin continue à suivre le reste de la troupe, avec un décalage de quelques secondes. Lui aussi, il saute dans les cerceaux, remue le derrière, agite la tête en cadence.
Quand le petit poussin revient pour saluer, un tonnerre d’applaudissement éclate. Il renifle un peu et regarde le public d’un air méfiant puis va se réfugier en courant dans les coulisses sous les hourras de la foule.
C’est au tour de mon fils. Son premier rôle. Un poireau…
La lumière se fait et les légumes sont sur scène. De petits jardiniers viennent les arroser et ils grandissent peu à peu. Quand mon acteur préféré lève la tête, il regarde la salle sombre et ses yeux la parcourent à toute vitesse. Le temps est comme figé, j’ai peur que lui aussi ne se mette à pleurer, j’imagine son angoisse devant ces visages inconnus qui l’examinent. Mon fils ne faiblit pas mais on dirait un robot, un robot poireau. Pourtant, au bout d’une longue minute, son visage et son corps s’animent, il se met à sauter, à danser et son air inquiet disparaît pour laisser place à un grand sourire. Il ne regarde plus dans la salle, je crois qu’il a oublié ces yeux qui le scrutent. Quand mon fils danse, plus rien d’autre n’existe.
A la sortie des artistes, nous nous précipitons pour le féliciter et pour lui dire comme nous sommes fiers de notre petit poireau ! Aussitôt il se renfrogne :
- « Je suis pas un poireau, moi, je suis un dragon vert ! ».
C’est vrai que dragon vert, ça a quand même plus de classe qu’un poireau ! Et puis c’est tout de même plus pratique qu’un poireau, quand on a perdu son briquet…
jeudi 21 juin 2007
Thérapie du sourire
Prozac girl et Prozac boy, mes antidépresseurs de choc !
Vous prendrez bien un peu de bonheur?!
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lundi 18 juin 2007
haïku n°16
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Au bord de la route
Qui se souvient de toi ?
Des fleurs en plastique
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samedi 16 juin 2007
Cargolade
Au bord de la rivière
Les escargots grillent lentement
Ma fille sourit aux feuilles qui s’agitent doucement
Mon fils jette des cailloux dans l’eau
Mon homme discute avec les amis
Je remplis mon assiette en plastique
Je joue aux billes avec les pois chiches
Les escargots grillent lentement
J’entends un cri de douleur
Je le reconnais, ce cri
C’est le cri de mon enfant
Je tourne la tête, je le cherche des yeux
Il paraît soudain, dans les bras de son père
Le sang sur son visage
Rouge visage
Rouges les mains
Le sang de mon fils sur le tissu blanc
Il hurle
Je crève de peur
Je ne supporterai pas qu’il souffre
Je ne veux pas qu’il soit meurtri
Je ne veux pas qu’il soit cassé
Il est debout sur le petit chemin
Les adultes autour
De l’eau, de l’eau, tout de suite,
Le verre tombe de mes mains
D’autres mains le secourent
Je suis désemparée
Ma petite graine de cassis a mal
Bouche ensanglantée
Je cherche les morceaux de langue
Lui parler doucement
Taire l’angoisse
Bâillonner la panique
Je m’assois derrière lui
Je le pose tendrement sur mes genoux
Il se blottit contre moi
Je lui caresse la tête et lui dis des mots doux dans l’oreille
Des visages inquiets tournent autour de nous
La langue n’a rien
Il peut parler
J’ai mal maman
Une dent cassée
Il faut retrouver l’autre morceau
Aller aux urgences
Il ne faut pas qu’il dorme
Je le berce en chantant
Quelqu’un a un téléphone ?
Sa chaleur contre la mienne
Papa revient avec la voiture
Une chanson douce
Mon fils ne pleure plus
Une main sur mon épaule
Ça va aller
Ma fille sourit toujours
Mon homme emmène mon fils
Nous restons là
Nous attendons
Mon esprit n’est pas là
Je revois son visage ensanglanté
J’imagine le pire
Ma fille me mord le sein avec «sa» dent
Je souris enfin
Elle s’endort à l’ombre
Au bout du chemin, le petit tient la main de son papa
Une petite dent cassée
Faudra aller chez le dentiste
Mais non, j’ai plus mal maman
J’avais des bactéries sur les dents
Mais maintenant elles sont sur la montagne…
Sourire édenté
Sourire
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jeudi 14 juin 2007
Trajet
Je tourne la clef. Les moteurs se mettent en marche.
Quelle heure est-il ? 7 heures 20, ça va, je ne serai pas en retard. Est-ce que je vais avoir le temps de prendre un café au bahut ? Il fait chaud déjà. Une TVA sociale… Comment ces deux mots peuvent-ils être collés l’un à l’autre ? Je me souviens qu’il a été hospitalisé longtemps Jean-Marc Sylvestre. Il en a fait un livre… Je l’aime mieux maintenant, il est plus humain. Il a souffert. Non mais ça va pas ? C’est ça, et Fillon est un philanthrope pendant qu’on y est ! On va te croire… Tais-toi. Faut que j’arrête d’écouter la radio le matin, ça me met de mauvaise humeur… Qu’est ce qu’il fait là ce chien ? J’ai failli l’écraser. Ils ne peuvent pas les attacher ? Je vais finir par m’en payer un, ça va pas louper… Stop. Première, seconde, troisième, petit bonhomme sur sa mobylette, un camion, si tu fais du vingt à l’heure je vais arriver en retard, clignotant, tu tournes ou tu tournes pas, c’est quand même pas croyable ce foutu pays où les gens ne mettent jamais leur clignotant. Rosny-Sous-bois, je me demande ce qu’il peut bien faire toute la journée devant ces petites télés à surveiller s’il y a du monde sur les routes. Un nouveau pilier sur le pont en construction. Celui-là, il fait bien plus que du 110, ça m’énerve tous ces cons qui font de la vitesse, ils vont gagner dix secondes pour quoi… Je n’arrive jamais à écouter la météo, dès le début je me mets à voyager dans ma tête, fait froid chez mes parents, maman ne va pas venir nous voir, il faut que je l’appelle. Et ma petite graine de cassis qui me dit « Je veux redevenir un bébé pour retourner dans le ventre de Nonna »…Il va pleuvoir ? Encore raté, je n’y arriverai jamais…Impossible d’écouter la radio plus de deux minutes, ma radio à moi ne s’éteint jamais… Bonfillon, encore deux mots qui ne vont pas ensemble. J’aime bien sa voix, mais c’est toujours le même ton. Encore des morts, ça ne peut donc jamais s’arrêter ? Faudrait que des dimanche matin. Des putains de résultats sportifs et c’est tout. C’était bon dimanche dernier, sur la pelouse, le thé juste tiède comme je l’aime, les petits qui jouaient, le soleil, les lauriers roses et blancs… Pourquoi y’en a des roses et puis des blancs ? Je me souviens avoir mis de l’encre bleue dans un vase pour teindre des marguerites. Ça bouchonne. File de gauche. Je n’ai toujours pas compris comment c’est possible que toutes ces voitures se rangent toujours sur la file de droite même s’il n’y a personne de l’autre côté. Sacré Panurge… Tiens, qu’est-ce qu’ils font ce matin les jardiniers municipaux ? Ça m’a fait plaisir cette lettre de remerciements de la mairie, c’est vrai qu’ils ont plutôt l’habitude de recevoir des plaintes. Une lettre pour remercier de remercier ! J’ai bien fait de leur écrire. « Nous mettrons toujours du cœur à l’ouvrage pour que des personnes telles que vous éprouvent, grâce à l’embellissement de la ville, un sentiment de bien être ». Je l’ai relue plusieurs fois, cette phrase, j’étais drôlement contente. Les dames qui sont venues nous faire le stage de gestion mentale disent que pour retenir il faut avoir une motivation, faut se projeter mentalement en imaginant qu’on va restituer l’information. Pourquoi ai-je retenu cette phrase ? Par fierté sans doute… J’ai fait un schéma grotesque sur le tableau lundi soir. Pour les élèves. Deux neurones et le lien qui va de l’un à l’autre. Plus on répète l’information, plus le lien s’épaissit. De l’intérêt de la répétition. Comment ai-je pu oublier que je haïssais ce type ? Je ne l’ai pas vu depuis si longtemps… Hier soir au téléphone : « Tiphaine, tu ne te souviens pas ? Tu le détestais ! ». Ah… Moi qui croyais que je ne savais pas haïr… Autrefois peut-être, c’était il y a plus de dix ans. J’oublie ce qui me blesse. Mécanisme d’auto défense. Je défais volontairement les liens entre les neurones. Probablement que la psychanalyse, ce n’est pas pour moi, finalement. Pas maintenant en tout cas. Je ne veux pas répéter, je ne veux pas creuser les liens, je ne veux pas nourrir la bête. Ils disent que justement, c’est en parlant qu’on dénoue et pourtant. En parlant, on répète. En répétant, on creuse. Les souvenirs s’enfoncent un peu plus dans ma chair. Pas envie. Je ne crois pas que ce soit une fuite ou de la lâcheté. Qui a envie de se faire souffrir ? et pour quel bien ? La lucidité ? Voyez mes plaies, comme elles sont belles ! Peut-être que je raconte des conneries… Feu vert. Déjà arrivée. 7h48. Un café vite fait alors. Les grilles s’ouvrent. La gardienne du collège, elle aussi, elle passe ses journées à mater une petite télé avec des voitures. Une place sous un arbre. Remonter les vitres en laissant juste un petit peu d’espace, pour que l’air circule. Pas trop quand même, sinon, hop, avec un fil de fer, on te crochète le loquet de la portière… Ce que t’es parano ma pauvre fille. Eteindre la radio. Couic, j’lui ai rabattu son caquet à celui-là, si tout pouvait être aussi simple ! Tout est aussi simple. Ma tête est mon royaume. J’y ferai entrer qui je veux. Je peux fermer les oreilles et faire semblant, sourire dentifrice ou hochement de tête compréhensif, je sais faire, j’ai un peu de mal mais je sais faire. Sors maintenant, tu peux aussi réfléchir hors de la voiture ! Pas pareil. Quand je vais sortir, les mots des élèves et la vie du bahut vont sauter dans ma tête, comme ça, d’un coup, sans invitation. Les lauriers roses, je vais penser aux lauriers roses à chaque fois que j’entendrai la sonnerie. Ouais… Je vais faire ça…
Je tourne la clef. Un des moteurs s’arrête.
mercredi 13 juin 2007
Interviouve
Après le Yéti puis Le Monolecte, c’est à mon tour de répondre aux questions de Léon! J’ai donné ma première interviouve en tant que bolgueuse, vous la trouverez chez un gars qui fait des passerelles entre les rives, pas facile comme boulot, mais il se débrouille plus que bien ! Je trouve que c'est une belle définition d'un blog, une passerelle d'entre les rives. Si en plus, elle est bleue comme une orange...
et pourquoi pas une hausse de la TVA... tout cela est hélas d'une logique imparable...
lundi 11 juin 2007
J'croyais qu'il ne buvait pas...
Trouvée sur l'excellent blog d' LChe cette vidéo, que je ne résiste pas à vous transmettre puisqu'elle ne passera sans doute qu'à la télé Belge hélas ! (pour plus d'infos voir les commentaires sur le site d'LChe)
Croquis d'Yves Barré



