El bolg

de la vie en vrac...

samedi 22 septembre 2007

Mes incroyables mais vrais, épisode huit

    Ceci est l’histoire incroyable mais vraie d’un livre qui aurait dû finir son existence dans une poubelle, à l’aube du XXIème siècle…
    Cette histoire incroyable mais vraie a commencé en mai 2000.
    Mon chéri et moi-même habitions alors Le Havre, dans un appartement fabuleux. C’était la première fois que nous nous installions ensemble, nous avions souhaité un grand logement, spacieux, gigantesque pour effacer nos années étudiantes et les petites boîtes miteuses dans lesquelles nous avions dû nous enfermer, faute d’argent. Cent mètres carrés rien que pour nous ! Du plancher avec un bois qui craquait (oh les planches traîtresses qui trahissaient notre présence quand notre premier enfant est né et que nous tentions de le faire dormir !), de vieilles fenêtres qui tremblaient à chaque coup de vent, des moulures aux motifs compliqués, des cheminées inutiles mais belles, un long couloir qui n’en finissait pas… Nous étions les rois du monde.
    L’appartement était le rendez-vous des amis, situé en plein centre ville, il accueillait qui voulait boire un verre, raconter ses malheurs, jouer, causer, faire la fête. Ludo venait souvent. Il travaillait dans le même lycée que nous et logeait un peu plus loin. Sa chérie résidait en région parisienne, il ne la voyait que le week-end.
    Un dimanche soir, alors qu’il rentrait justement de Paris, il a trouvé dans le train un livre de Pierre Bellemare, le tome trois des histoires extraordinaires et vraies, intitulé simplement mais efficacement : "l’année criminelle" . Pris d’une inspiration subite, Ludo a gardé le livre.

    Le 21 mai 2000, nous avons découvert le bouquin dans notre placard à chaussures. Il ne nous a fallu que quelques instants pour découvrir qui était l’auteur de cette farce absurde. Nous n’avons rien dit, il y avait mieux à faire…
    Le jeudi premier juin, Nathalie, la chérie de Ludo, vient rendre visite à son homme. Nous sommes invités à passer la soirée avec eux et à célébrer son anniversaire avec un peu de retard. Profitant d’un moment de calme, je dissimule « l’année criminelle », préalablement emballée dans un beau papier cadeau, sous l’oreiller de la douce. Yark ! Yark ! Yark !
    Le mardi 4 juillet, nous retrouvons l’invraisemblable œuvre de Pierre Bellemare sur notre étagère de livres. Trop facile !
    Profitant d’un voyage au Kenya et en Tanzanie, nous postons le livre de Nairobi le 25 août 2000.  Ce même été, nous découvrons un lot de livres de Pierre Bellemare dans un vide grenier. Nous les achetons : ils serviront de leurres. Bien empaquetés, ils seront envoyés à l’adresse de Ludo et Nathalie, à Villiers, à partir des différentes destinations de vacances de nos amis. Nos amis recevront ainsi des colis de Chine, de Finlande, du Poitou ou encore d’Amérique du sud…
    Le 6 septembre 2000, Pierre, c’est de ce petit surnom que nous l’appelons à présent, refait son apparition dans notre appartement havrais, caché sur le bureau de notre chambre bleue.
    Le premier octobre, Ludo le découvre dans sa voiture mais il n’est pas dupe !
    Le 31 décembre 2000, nous voilà réunis à Marseille pour fêter la nouvelle année chez des amis communs. Nous organisons une petite loterie truquée et Ludo reçoit une magnifique grenouille en plâtre qui viendra orner ses toilettes. Quelques mois plus tard, Nathalie et Ludo reçoivent. La table de la salle à manger étant trop petite, ils déplacent celle de leur cuisine pour pouvoir accueillir tous leurs invités. Leurs cœurs font un bond quand ils découvrent, bien scotché sous la table, un emballage qui semble contenir un livre ! Serait-ce le Bellemare tant convoité?! Hélas ! Il s’agit encore d’un leurre ! Quelques instants plus tard, un enfant fait tomber la grenouille en plâtre et ce magnifique objet d’art se brise. Nathalie et Ludo découvrent alors avec stupeur qu’elle renferme le « vrai » Pierre Bellemare !
    Le 7 mai 2001, Pierre refait surface derrière le miroir de notre salle de bain à l’occasion d’un grand ménage de printemps.
    Le 16 juin, Ludo le surprend dans le coffre de sa voiture, il le dissimule aussitôt derrière un grand calendrier de la chambre bleue. Une heure plus tard, nous le découvrons hélas !
    A partir de ce moment, les voyages de Pierre sont moins fréquents car Ludo a déménagé à Villiers pour s’installer avec sa douce, nous nous voyons donc moins souvent !
    Le 7 février 2002, Ludo découvre enfin Pierre dans son Michel déchiqueté. Explication : Ludo est fan des «particules élémentaires» de Michel Houellebecq. Nous avons donc acheté le même exemplaire que le sien, nous l’avons évidé de ses pages pour ne garder que la couverture et nous avons rempli le vide ainsi obtenu par l’impérissable chef d’œuvre Bellemarien.
    Le 29 mai 2002, notre amie Emily nous rend, dépitée, la cassette VHS du film «Aux bons soins du docteur Kellog» (excellent film soit dit au passage !). Elle n’a pas pu le regarder puisque dans le boîtier, se trouvait… Vous avez bien deviné !
    Le 6 juillet 2002, au cours d’une immense tombola truquée (c’était pour notre mariage, 200 tickets avaient été distribués), Ludo reçoit un magnifique lot ! Là, aussi, je pense que vous avec deviné !
    Le 15 juin 2004, après un temps infini passé derrière une cloison, nous récupérons enfin Pierre, de justesse, puisque nous déménageons un mois plus tard ! Nathalie et Ludo l’avaient posé en équilibre sur le haut d’une cloison en bois mais il est immédiatement tombé, le rendant ainsi quasi inaccessible. Mais c’était sans compter sur notre incroyable persévérance ! Je l’ai d’abord découvert grâce à un petit miroir que j’ai promené le long de la bordure supérieure de la cloison. Ensuite, armés d’une fourchette fixée par du chatterton à un manche à balais, nous avons hissé Pierrot jusqu’à nous !
    Le 15 juillet 2005, Ludo découvre, non sans un agacement certain, que Pierre est à nouveau dans la grenouille à double fond qu’il avait recollée…
    Le 5 août 2005, nous retrouvons Pierre dans notre voiture alors que nous quittons Nath et Ludo. Il nous faudra attendre deux ans avant hélas d’avoir l’occasion de pouvoir le dissimuler à nouveau chez eux !

    Actuellement, Pierre se trouve donc quelque part à Villiers. Il arrive parfois à Ludo de lire ce blog, il attend donc un indice.
Ne soyons pas avares, en voici un : « Chauffe Marcel ! »

bellmar1

Ceci est le scan de la première page de "l'année criminelle", nous la remplissons au fur et à mesure de nos découvertes respectives afin d'en garder la trace pour les générations futures !

Posté par poutouland à 17:51 - incroyable mais vrai - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Un bel exemple de traçabilité.

Posté par Yves, dimanche 23 septembre 2007 à 00:59

Trop facile avec cet indice ! Moi je sais où il se trouve .Pour en savoir un peu plus, envoyez vos dons à

Posté par Anne Onim, dimanche 23 septembre 2007 à 05:35

Scotchant !

Posté par Topa, dimanche 23 septembre 2007 à 07:23

« C'est pas vrai ! Mais c'est pas vrai !»*

* Jolly Jumper, in Ma Dalton, Morris et Goscinny, Dargaud, 1973, planche 24.

Posté par Yves, dimanche 23 septembre 2007 à 10:09

Génial ! :-) ca fait du bien, même, de lire ça. Du ludique dans ce monde de ouf, c'est la grande classe. Faudrait qu'on trouve le même truc pour la bloosphère, le genre de machin qu'on se refile :-) J'y cogite !

Posté par Didier, dimanche 23 septembre 2007 à 10:14

(J'espère que le mime Marceau n'a pas demandé à être incinéré au quel cas mon indice est hélas de très mauvais goût !)

Posté par Tiphaine, dimanche 23 septembre 2007 à 21:00

J'adore cette histoire ... une histoire de Pierre qui consolide l'amitié

Posté par pkdille, lundi 24 septembre 2007 à 08:22

:)
c'est très drôle .. cette histoire de Pierre :)

Posté par gaspard, lundi 24 septembre 2007 à 18:12

pkdille : Tiens ! c'est vrai ! Joli jeu de mots, très juste en plus !
Gaspard : Tu ne me jettes donc pas la pierre?!

Posté par Tiphaine, mercredi 26 septembre 2007 à 22:12

Quel admirable destin que celui de ce livre...! :-)

Posté par Adele, jeudi 27 septembre 2007 à 14:18

Cette histoire est vraiment extraordinaire. De celles qu'on trouverait, j'en suis sûr, dans certains ouvrages du grand Pierre Bellemare.
Sérieusement, j'ai adoré lire cette histoire savoureuse. On en ferait un film pour moins que ça.

Posté par nikkos, mardi 6 novembre 2007 à 23:09

Adèle : hi!hi!hi!
Nikkos : Avis aux cinéastes !

Posté par Tiphaine, jeudi 8 novembre 2007 à 00:20

Salut Tiphaine, je reviens sur le commentaire que tu à laissé sur le blog de Damien (Le Havre d'Avant). Visiblement j'habite actuellement dans la même rue (au numéro 1) que celle ou tu as vécu il y'a quelques années. Toute mes fenêtres donnent sur le PRINTEMPS. Moi aussi, je dirais que c'est l'appartement du bonheur, famille, amis s'y retrouvent, de bons moments passés ensemble (parfois des moments forts) et déjà beaucoup souvenirs depuis bientôt 2 ans. Ces appartement on énormément de charme, il y'a toute une histoire derrière ses murs épais, ce parquet massif, combien de personnes ont vécuent ici avant nous ?
Si nous avons vécu dans le même immeuble, tu aura certainement remarqué ces inscriptions au crayon papier, dans le grenier dont certaines datent de 1927...

Sinon dans la même rue j'ai aussi de la famille qui habite au n°9 (un peut plus haut). La description que tu fait correspondrait aux apparts de cet immeuble ou il n'y a d'ailleur qu'un seul appartement par étage !!!

@+ bonne soirée,

Geo

Posté par geo, lundi 25 février 2008 à 23:17

Après le 'traçage' du livre, on va tracer l'appart' de Tiphaine... lol
Sinon, Geo, ça fait plusieurs fois que tu fais allusion à ces inscriptions au papier crayon dans ton grenier... Peut-on savoir de quoi il s'agit ? Peut-être y a-t-il matière pour Tiphaine d'en tirer une nouvelle nouvelle (!)
En tout cas, Tiphaine, c'est toujours avec autant de plaisir que je viens parcourir ton blog !
A bientôt
Damien

Posté par Damien, mardi 26 février 2008 à 00:20

Géo et Damien : j'ai habité au n° 3, au deuxième étage (un seul par pallier là aussi)pendant 5 ans, j'ai vécu la "rénovation" du parking, l'horreur pour nos tympans ! Et je n'ai jamais remarqué les inscriptions au crayon mais il était sous clefs ! Cet appart était génial, j'en garde de merveilleux souvenirs, j'aime aussi beaucoup la cage d'escalier et les escaliers qui grimpent en colimaçon ! Passée notre porte d'entrée, il y avait une sorte de vestibule qui permettait d'entrer dans quatre pièces différentes, si on se tenait au milieu, ça faisait cinq portes (avec celle de l'entrée!) dans un pentagone, magnifique!

Posté par Tiphaine, mardi 26 février 2008 à 00:51

@Tiphaine:

D'accord, je vois, c'est l'immeuble mitoyen, juste au dessus du loueur de films. Effectivement dans ces immeubles il y'a beaucoup de porte. Chez moi (un grand F2) il n'y a pas moins de 6 portes, 7 avec l'entrée. L'entrée est tellement grand qu'elle pourrait servir de chambre. A l'époque on ne lésinait pas sur l'espace.
Extérieurement, beaucoup d'immeubles de la Place Thiers mériterait un ravalement. Lorsqu'on voit le résultat sur certains batiments qui on retrouvé leur couleur brique jaune très lumineuse ont peut imaginer l'effet que ca aurait à l'échelle de toute la place.

@Damien: Le grenier de mon immeuble n'est pas habité. Il s'agit d'anciennes chambres de bonnes, abandonnée depuis la fin de la Première Guerre Mondiale (je te laisse imaginer l'état). Actuellement ca nous sert de vide grenier car d'après ce qu'on m'à dit les caves sont unitilisables suite à leur amménagement en abris pendant la dernière guerre.
Pour en revenir au grenier, ou il y'a des inscription au crayon, plus ou moins éffassées pour certaines. Il y'en à plusieurs, des noms asser difficiles à lire suivis par des dates beaucoup plus lisibles(1927, 1940, 1943, 1945) et il doit certainement y en avoir d'autres car toutes les pièces ne sont pas accèssibles. A mon avis (sans pouvoir l'affirmer) ces anciennes chambres de bonnes on très certainement abrité des gens pendant la guerre, mais qui ? Des resistants, des aviateurs anglais, des juifs peut être je n'en sais rien ?

Posté par geo, mardi 26 février 2008 à 11:11

PS: @Tiphaine

Lorsqu'on y pense, le monde est vraiment petit car nous aurions pu être voisins et finalement on se rencontre sur Internet alors que tu habite loin du Havre maintenant...

Posté par geo, mardi 26 février 2008 à 11:14

Géo : les caves du trois sont également impraticables, le proprio nous avait dit que c'était à cause des inondations, je n'en sais pas plus. Au grenier, ce sont aussi d'anciennes chambres de bonne qui servent de débarras. Quand nous sommes partis, nous avons laissé une bonne bouteille de vin dans l'une d'elle, pour nos amis qui avaient l'habitude de venir nous voir, mais quand ils sont allés la chercher, elle avait disparu !
Tu as raison, le monde est petit et internet est un outil fabuleux !
Nous sommes devenus des voisins virtuels !

Posté par Tiphaine, mardi 26 février 2008 à 12:40

Le sol de la cave n'étant pas stabilisé, il est vrai que dès qu'il pleut beaucoup toute l'eau se concentre en bas de la rue, au 1 et au 3 et il y'a quelques infiltrations dans les caves. En revanche au 9, les grandes caves voutées sont parfaitement utilisables.
En quelle année à tu déménagé ? A tu connus le chantier du centre Coty ?

PS: Tiens, a mon avis tu devais avoir des voisins qui appréciait le bon vin (lol).

Posté par geo, mardi 26 février 2008 à 18:40

Géo : j'ai déménagé en août 2004, j'ai donc connu les travaux à Coty c'est même cela qui m'avait inspiré "avant le naufrage!"

Posté par Tiphaine, mardi 26 février 2008 à 19:21

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=135361&pid=6296006

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :