El bolg

de la vie en vrac...

mercredi 31 octobre 2007

Le syndrome de la godiche

    J’ai longtemps vécu avec le méchant sentiment que j’étais une incapable. Incapable de faire la vaisselle, incapable d’éplucher une pomme de terre, incapable de passer la serpillière, incapable de gérer le quotidien.     Ce n’était pas tout à fait vrai, je savais faire tout ça, mais je ne pouvais m’empêcher de me comparer avec des modèles qui réussissaient beaucoup mieux que moi, ce qui ne faisait que renforcer mon sentiment. Je me suis moi-même enfermée dans cette caricature de l’intellectuelle qui refuse ce que peuvent faire ses mains ou son corps. Ô, le monde des idées, comme il était pur et dégagé de toute cette atroce vulgarité… Un jour, une amie de la famille m’a dit que j’avais l’air d’une godiche. Ça m’est resté. Longtemps.
    Aujourd’hui, j’ai appris à aimer le quotidien. J’essaie de m’intéresser à la cuisine, au ménage, aux lessives, aux vaisselles et autres réjouissances du genre. Je transforme des moments qui me répugnent en moments de plaisir et ça marche plutôt bien. Mais faut que je sublime. Faut par exemple que je me dise que je vais réfléchir à un sujet de roman pour faire la vaisselle. Faut pas pousser non plus !
    La godiche en moi n’est pas morte. Elle se cache, elle essaie de se faire oublier.
    La godiche a du mal à comprendre les démarches du quotidien.
    Vendredi dernier, elle sort au restaurant, alors elle gare sa voiture dans un parking, histoire d’avoir à éviter de chercher une place pendant des heures. Elle est si maligne, la godiche ! Elle arrive avec une heure de retard mais elle est fière d’avoir gagné du temps en se garant au parking. Quand son repas est terminé, la godiche revient à sa voiture. Quand elle arrive à la barrière de sortie, elle se rend compte que le rideau de fer est tiré et qu’elle se trouve bloquée là pour la nuit… Heureusement, un monsieur de la maintenance arrive une heure plus tard et accepte de la délivrer même si c’est un pur hasard s’il se trouve là et qu’il ne devrait pas et que quand même elle aurait pu lire le panneau, elle a de la chance la petite dame. Le pire, c’est que la godiche, elle n’était même pas enfermée. La barrière était fermée, c’est vrai, mais si elle avait introduit son ticket dans le bidule, elle l’aurait vu s’ouvrir !
    Ce midi, La godiche et son fils accompagnent un ami et sa fille au train. Comme ils sont en retard, elle se dit qu’elle va les déposer devant la gare, elle ne prend donc pas son sac. En fait, ils sont en avance, elle décide donc de rentrer dans le parking. En passant, il lui semble voir l’information suivante : « une heure, un euro cinquante ». Prévoyante, la godiche emprunte un euro à son ami, pour 15 minutes ça lui semble être amplement suffisant. Bien sûr, vous avez deviné que quand elle arrive à la caisse, la machine lui réclame un euro cinquante… Et voilà la godiche qui fait les cent pas dans le parking, jaugeant les passants du regard et se demandant lequel elle va pouvoir taper. Elle n’y arrive pas. Ils sont pressés, ils ne la regardent pas, ils pensent à leur train… Le seul personnage chaleureux qu’elle rencontre est justement en train de faire la manche devant la machine. La godiche finit par se résoudre à aller demander cinquante centimes à la marchande de tabac de la gare qui lui donne très gentiment. Elle est sauvée ! Dans la voiture, son fils ne cesse de lui demander : « Pourquoi t’es bête maman ? ».
    La godiche n’est pas morte, elle se cache, elle essaie de se faire oublier. Alors moi, je la montre, je la pointe du doigt en lui riant au nez puis je lui fais un gros bisou qui fait du bruit ! Vous avez entendu ! Elle rit elle aussi ! Je m’assois à côté de mon fils qui fait un coloriage, j’essaie moi aussi. Je suis très douée. Hin ! Hin ! Hin ! Quant à ma fille, elle ne sait même pas encore marcher ! Hin ! Hin ! Hin ! Et puis j’ai déjà essayé de lui donner un économe pour qu’elle épluche une pomme de terre, c’est une catastrophe, elle n’est vraiment pas manuelle cette petite ! Hin ! Hin ! Hin !
    Hum ! Hum…
    Je sais bien que tout est relatif. Mon homme me dit que si j’ai du mal à faire la vaisselle, si je me dis sans cesse que je vais mal faire, que je vais laisser des traces, que je vais utiliser trop d’eau ou trop de produit, c’est parce que je ne peux pas m’empêcher de me comparer à lui, qui est un fou furieux des tâches ménagères ! Ce n’est pas facile tous les jours de vivre avec un super héros, croyez moi ! La vérité c’est exactement l’inverse, c’est un vrai bonheur que de vivre avec un homme aussi extraordinaire que lui, quelqu’un qui sait être un père présent et attentif, un cuisinier merveilleux, un homme qui réduit à néant la poussière et les saletés plus vite que son ombre ! Un chéri qui m’a affiché juste au dessus du lave linge, un mode d’emploi simplifié pour que je puisse moi aussi contribuer à l’effort de guerre, un mari qui se relève la nuit pour s’occuper des enfants quand moi je ronfle ! C’est juste que, quand on a comme moi une petite tendance à l’auto flagellation, on a toujours peur de ne pas être à la hauteur, d’être un poids mort. Malgré mes difficultés à gérer le quotidien, mon homme m’aime. Je le sais. Et pas seulement parce qu’il me le dit tous les jours. Ce serait insultant pour lui de penser qu’il est amoureux d’une godiche, il est donc plus probable que la godiche ne soit qu’une toute petite partie de moi, un méchant complexe d’infériorité qui est tapi dans un coin de mon adolescence et qui ne demande qu’à se faire entendre à nouveau.
    J’ai souvent entendu dire qu’une godiche se sentait gauche dans les domaines qu’elle ne maîtrisait pas. Ensuite, avec l’expérience, elle acquiert de la confiance en elle et la godichitude disparaît enfin. Je n’y crois pas. Je me sens godiche pour des trucs que je réussis très bien. A bien y réfléchir, j’ai bien peur de souffrir aussi d’un complexe de supériorité dans la mesure où je cherche si souvent la perfection. N’étant pas parfaite, je me sens souvent godiche ! CQFD.
    Bien. Bien. Bien. C’était le psy de Prisunic en direct du Poutouland !
    La godiche n’est pas morte, je ne l’oublie pas. Je lui file des coups de tatane de temps en temps, histoire de lui rappeler qui est le chef ! Non mais ! En même temps, faut pas trop que je l’abîme, nous ne sommes que 437 en moi, et les autres n’ont pas très envie de faire la vaisselle ou le ménage, c’est des mégalos, des paranos, des… enfin, je vous en parlerai une autre fois.

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Pkdille a tiré la première, elle nous parle de sa godiche,
cliquez sur Becassine pour voir ce qu'elle en dit!

Posté par poutouland à 17:03 - en vrac - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Heureusement que l'on ne peut pas exceller dans tous les dommaines. Ce serait trop dur pour ceux qui nous entourent :)))
La dernière fois que j'ai fait la godiche, ma voiture s'en souvient encore...et me le rappelle tous les jours,la perverse!

Posté par Phany, mercredi 31 octobre 2007 à 17:11

T'inquiète pas ... ce que tu racontes, c'est mon quotidien, et j'ai aucun complexe sur le sujet, j'assume total et même je revendique.
Parce que tu vois, nous les godiches, on nous aime ... et pas seulement parce qu'on fait rire, mais aussi parce qu'avec nous la vie est bien plus sympa : il se passe toujours quelques choses !

Posté par pkdille, mercredi 31 octobre 2007 à 18:57

Moi j'aime bien les godiches. :-)

Posté par Marie, jeudi 1 novembre 2007 à 01:56

Peut-être parce que je le suis peut-être un peu ?

Posté par Marie, jeudi 1 novembre 2007 à 01:56

Moi je ne le revendique pas, mais je le suis quand-même... en tout cas, à te lire je me reconnais, alors...

Posté par mirza, jeudi 1 novembre 2007 à 09:16

Les filles : Tiens donc ! Il n'y aurait que des filles à se sentir godiches? Bizarre...
Les garçons lecteurs de ce bolg : Y'a -t-il un godichon parmi vous?! ou serions-nous les seules à ressentir ce drôle de sentiment?

Posté par Tiphaine, jeudi 1 novembre 2007 à 12:46

super zero

pourquoi les supers héros auraient ils donc besoin de super godiches?
Je viens de lancer une machine à laver est vlan : panne. Le tambour est bloqué & le linge itou. Avais-je bien refermer?
Des trucs de cet ordre tatoue mon curriculuum à en devenir zen. Un mélange à pas de chance & maladresses. Je me suis longtemps demandé si cette maniére de se compliquer la vie n'était pas un dialogue rebelle avec le réel. On a décidé que j'étais maladroit & j'ai voulu à tous prix faire des boulots manuels. À L'HEURE DU BILAN : JE SUIS VACHEMENT MALADROIT & je n'aime pas les travaux manuels. Mais je suis aussi maladroit "psychologiquelment"!
Votre commentaire sur le blog de mirza était loin d'être godiche. C'est peut être cette dimension qui est nécessaire pour les supers héros.

Posté par jm, jeudi 1 novembre 2007 à 13:55

En tout cas, quand t'écris t'en es pas une!

Posté par Mot a mot, jeudi 1 novembre 2007 à 20:16

Voilà, après celui de Pkdille, un article salutaire qui réhabilite la godiche. On ne confondra plus désormais "godiche" et "potiche". Des deux, la godiche est celle qui renverse le vase et rate son train pour Soissons.

Posté par Yves, jeudi 1 novembre 2007 à 23:22

Trop qu'un surmenage !

Posté par Flora, vendredi 2 novembre 2007 à 07:42

Jm : Merci pour votre commentaire, il me fait bien plaisir ! Les super héros sont rarement héros dans tous les domaines eux aussi, d'après ce que me dit le mien qui a pourtant tout du gendre idéal ! J'imagine que c'est pareil pour les godiches, on hne peut pas être godiche en tout quand même!
Mot a mot : merci!
Yves : Ne pas confondre non plus avec le godemich', dont peut se servir avec plus ou moins d'habileté la godiche mais pas la potiche qui est statique, comme chacun le sait.
Flora : Bien trop, en effet !

Posté par Tiphaine, vendredi 2 novembre 2007 à 12:30

A chacun sa croix.

Moi ça serait peut-être d'être comme le Distrait façon Pierre Richard.
Il y a longtemps maintenant, je descendais de Paris en train. J'allais à Tarbes. A Dax en pleine nuit le train se séparait de deux (je le savais). Une partie allait vers Tarbes et l'autre vers Irun (Espagne). J'ai ouvert les yeux à St-Jean de Luz !
Bien plus tard, j'allais chercher ma fille à Orly, elle voyageait en enfant non accompagnée. J'ai pris ma carte d'identité pour que l'hôtesse puisse s'assurer que j'étais bien la personne prévue. Une fois récupéré ma fille je vais à l'automate payer le parking souterrain pour partir. Et là pas un sou sur moi. Ni carte bancaire. J'ai dû aller à la sécurité du parking pour qu'ils veuillent bien me laisser sortir, non sans mal.
Et les fois où impossible de me souvenir dans quelle rue j'ai garé ma voiture quelques jours avant.
Et les fois où je me suis retrouvé enfermé dehors !
Voilà, c'est tout pour ma séance d'autoflagellation.

Posté par nikkos, vendredi 2 novembre 2007 à 13:59

Oui, on dit "en deux", pfff...

Posté par nikkos, vendredi 2 novembre 2007 à 14:19

Pour une raison qui m'échappe, certains commentaires semblent avoir disparu... un coup de canalgodiche?

Posté par Tiphaine, vendredi 2 novembre 2007 à 16:34

Si "godiche" peut aisément rimer avec "tête-en-l'air", alors vous tenez là "Mister Godichon 1er, le seul Godichon à être assommé par une boule à facettes au milieu d'une piste de danse !!!"
Non, non, n'applaudissez pas, ne me félicitez pas...je n'y suis pour rien.

Ton blog est toujours un bonheur, Tiphaine.

Posté par genffranssouah, vendredi 2 novembre 2007 à 21:58

Nikkos : je vois que je ne suis pas la seule à souffrir des parkings ! ça me rassure!
Genffranssouah : Si! Si! ça s'applaudit ! Clap! Clap! Clap !

Posté par Tiphaine, samedi 3 novembre 2007 à 00:29

Je rattrappe mon retard (normal, je suis en prison). Beau portrait. La godiche est de toutes façons plus poétique que la femme d'affaire, c'est pour ça qu'on l'aime. Reste comme tu es.

Posté par Bruno, mercredi 7 novembre 2007 à 18:29

Bruno : Je suis sûre qu'il y a des femmes d'affaire qui sont des godiches!

Posté par Tiphaine, jeudi 8 novembre 2007 à 00:19

Gézelin Grée le Paranoiaque

J ai rencontre un paranoique , pour la premiere fois de ma vie , c est etres cruel et monstrueux qui sont capables des pires crimes qui puissent exister , et de plus ce qui me choques c est que sa famille ne le soignes pas mais au contraire le pousse a faire du mal , la seule chose que vous devez faire c est denoncer a la police , car c es personnes violents seront grave a la justice hors d ' etat de nuire

Posté par fanny, lundi 26 mai 2008 à 15:09

denoncer le maladie de la paranoia

j ' ecris un manuel ,pour ceux qui ont souffert de vivre avec des paranoiaques , ne vous enfermez pas dans le silence , parlez en autour de vous , cette situation doit etre prise serieusement
mon manuel aura pour nom

Gézelin Grée l ' ame du diable , le paranoiaque

Posté par fanny, lundi 26 mai 2008 à 15:20

GREE GEZELIN

n hesitez pas a me contacter et surtout des temoignagnes de ceux qui ont vecut avec des paranoiques , laissez vos temoignagnes . le livre et le manuel est en cours , j ' ai besoin de témoins
ecrivez moi merci

Posté par fanny, samedi 31 mai 2008 à 16:02

* * * * *

vrai dire, je crois que tout le monde y passe, il est dificil gerer le quoitidien, ya moments lorsk'on se sent tout concon, meme ou l'on se demande, diable, que'est ce que je fiche moi.. serts,, juste certains sont plus capables de lui cacher du monde , j'aimais votre article, je faisais la banane en lui lisant , bravo. je me reconnais dedans!

Posté par Nanou, mercredi 2 juillet 2008 à 15:39

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