El bolg

de la vie en vrac...

samedi 22 décembre 2007

Un conte de Noël

Le Poutouland fait sa remontée traditionnelle dans le grand nord et sera donc absent de ce bolg pour deux semaines.
Bonnes vacances à ceux qui en ont, bon courage aux autres et des bisous bien sûr !
Bonnes fêtes de fin d'année à tous et que 2008 soit l'année de la frite !
Tiphaine

Avant de vous laisser, je vous confie un petit conte de Noël, ceux qui voudraient retrouver celui de l'an dernier cliqueront là, et ceux qui veulent se régaler à lire celui de Topa iront avec bonheur juste là.

 

Un conte de Noël

24 décembre 2007, tard dans la nuit.
Le petit Nicolas se tourne et se retourne dans ses draps de satin. Il a tout pour être heureux. C’est un homme de pouvoir, une seule décision de lui et la planète tremble. Il a de l’argent à ne plus savoir qu’en faire, des voitures de luxe, des maisons de campagne avec piscine et des actions dans les entreprises les plus rentables. Il roule dans la voiture de ses rêves, prend des bains de champagne avec une femme délicieuse que le monde entier lui jalouse. Non, rien à dire, le petit Nicolas a tout pour être heureux.
Le petit Nicolas se tourne et se retourne dans ses draps de satin. Il ne peut s’empêcher de penser à cette étrange rencontre avec le vieux bonhomme en rouge. Ça fait pourtant bien longtemps qu’il n’y croit plus… Il sait très bien que les fables pour enfants n’ont plus cours, que c’est l’argent qui mène le monde. Il ne serait pas là où il en est s’il avait cru à toutes ces fadaises…
Il repense à cet après-midi. Il était seul dans son bureau et regardait la neige tomber. Il se disait que ça faisait bien longtemps qu’il n’avait pas pris la peine de prendre le temps d’écouter le silence. Alors, il avait ouvert la fenêtre et le froid s’était aussitôt engouffré. Le garde du corps avait passé la tête derrière la porte, puis, s’étant assuré qu’il n’y avait aucune menace, avait repris sa position de chien de garde. C’est alors que le petit Nicolas avait commencé à douter… De drôles de pensées avaient envahi son esprit d’ordinaire si occupé à de hautes réflexions et à de grandes stratégies. Soudain, rien ne lui avait paru si important que le bruit des petits flocons qui venaient s’écraser doucement sur le sol. Il croyait être l’un de ces petits morceaux de coton, il tombait gracieusement du ciel, mêlant sa course à celle d’autres frères et venait délicatement se poser sur l’herbe du parc. Quelque chose se construisait, tous n’étaient que les maillons d’une immense chaîne…
On toussa derrière lui. Le petit Nicolas se retourna vivement et se retrouva nez à nez avec le père Noël. Il aurait dû hurler, c’était dans son habitude après tout, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Le vieux bonhomme le regardait en souriant.
Le petit Nicolas essaya de se diriger vers la porte pour appeler son garde du corps afin qu’il dégage cet odieux intrus mais ses jambes refusèrent de lui obéir.
Le vieux bonhomme le regardait toujours en souriant.
Pour un homme d’action, être transformé en statue vivante est une punition que vous aurez du mal à comprendre si vous êtes du genre contemplatif. Celle-ci n’était vraiment pas du goût du petit Nicolas, il jurait intérieurement mais seul le fond de ses yeux luisait d’une intense colère.
Le vieux bonhomme souriait toujours. Il se tenait debout, les épaules un peu voûtées et la main presque tremblante. Il s’approcha enfin du petit Nicolas et lui dit :
- Je suis venu chercher ta liste, Nicolas, ça fait bien longtemps que tu ne m’as pas écrit !
Le petit Nicolas était pétrifié, il pensait à sa milice qui n’était pas bien loin et à toutes les tortures qu’il infligerait à ce vilain personnage si seulement la mobilité lui revenait.
- Ta liste, Nicolas, n’oublie pas ! Demain, c’est Noël !
Le bruit assourdissant de milliers de flocons qui entrent soudain par la fenêtre puis l’absence.
Quand il se réveilla, le vieux bonhomme en rouge avait disparu, la pièce était tapissée de neige. Le petit Nicolas consulta aussitôt son garde du corps, demanda à regarder les vidéos de surveillance : personne n’avait rien vu. Il valait mieux ne rien dire, ce serait terrible s’il l’on venait à penser qu’un homme comme lui pouvait être la victime de telles hallucinations.
Le petit Nicolas se tourne et se retourne dans ses draps de satin. Il a tout pour être heureux. Que pourrait-il donc demander au vieux bonhomme ? Dans le lit, sa compagne se tourne sur le côté et il aperçoit le bout de son pied si délicat, loin très loin, là-bas. Le petit Nicolas sait bien ce qui lui manque.
25 décembre 2007, au petit matin.
Le petit Nicolas n’a pas très bien dormi. Il se lève pourtant, puisqu’il faut bien se lever et affronter sa journée chaque matin quand on voudrait rester couché à regarder l’envers de soi, l’enfance oubliée, toutes ces vies qu’on aurait voulu belles et qu’on a chassées parce qu’on était lucide, fort, adulte…
Au pied du sapin, ça dégueule de cadeaux. Il les ouvre distraitement, les uns après les autres.
Jusqu’à ce paquet emballé dans du papier journal. De la part du père Noël… Le petit Nicolas interroge du regard sa compagne et ses proches, ça ne peut pas venir d'eux, ils ne sont pas vraiment du genre à faire des plaisanteries.
Il défait l’emballage et découvre une paire de chaussures vernies qui brillent de mille feux.
Intrigué, il les essaie : elles sont juste à sa taille. C’est alors qu’il se rend compte que son pyjama est devenu trop petit pour lui. Il baisse la tête : sa compagne lui arrive aux genoux, elle est en train de lui crier quelque chose mais il ne l’entend pas, il continue de grandir, il frôle le toit puis il passe subitement à travers, sa main s’appuie à la cime d’un grand cèdre pour ne pas tomber, puis manque d’attraper un malheureux avion, les passagers, derrière les petits hublots hurlent de terreur, sa tête s’engouffre dans les nuages, il a une écharpe de neige autour du cou, son œil percute un satellite, ses cheveux sont blancs de pellicules météores, sa bouche avale la lune, elle a un goût de prune…
Tout en bas, dans la grande demeure du petit Nicolas, les flocons tombent dans le salon désolé.
En s’écrasant doucement sur la moquette moelleuse, ils soupirent tendrement.

Posté par poutouland à 19:52 - nouvelles - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Cette part de rêve tellement dense qu'on peut la toucher du doigt. J'aimerais tant – cric-crac, mon conte est fini – qu'il reste un peu de neige dans me télé.

Posté par Yves, samedi 22 décembre 2007 à 23:17

un peu de neige dans ma télé.
J'ai une fâcheuse tendance à confondre les voyelles – a noir, e blanc...

Posté par Yves, samedi 22 décembre 2007 à 23:19

un conte, des comptes...

Posté par Anne Onim, dimanche 23 décembre 2007 à 08:24

Noël réserve à chacun bien des surprises : des paroles douces, ou des amis à la porte; une belle soirée tranquille, ou des présents qui nous touchent.
Que ce Noël soit rempli de joie pour toi Tiphaine et tous ceux qui te sont chers.

Posté par laglesine, lundi 24 décembre 2007 à 14:30

si ça pouvait être des chaussures qui volent et qui l'emportent sur une autre planète, ça nous arrangerait ;-)

Joyeux Noel Tiphaine

Posté par Madison, mercredi 26 décembre 2007 à 00:23

Joyeuses fêtes de fin d'année à toi et ta petite famille! Merci pour a carte :)
Des bises.

Posté par Tippie, mercredi 26 décembre 2007 à 12:11

Un ancien élève.

Tous mes voeux de bonheur Tiphaine pour l'année qui s'annonce.
Je me suis retrouvé dans les coms de l'année dernière et cela m'a fait tout drôle.Tu n'a pas changée,tu es superbe!
Bonne année à toi et à toute ta famille.

Posté par gégé, mercredi 26 décembre 2007 à 22:29

:-) ...

C'est un vrai conte, merveilleusement poétique et satyrique à la fois .. Quel talent ! Tu es l'alter égo en mots du Marchand de sable de notre enfance...

Posté par Kirl, mercredi 26 décembre 2007 à 23:30

A vous tous

Merci pour vos voeux ! Portez vous bien, aimez, c'est encore ce que je vous souhaite de mieux!
Tippie : euh... mais quelle carte?!
Gégé : très heureuse de te retrouver ! Bonne année aussi !
Kirl : tu veux dire que je vous endors? (merci quand même, c'est très gentil!)
Madison : c'est exactement ce que tu veux !
Laglesine : merci beaucoup !
Yves : meuh télé? euh... TF1 sans doute?!

Posté par Tiphaine, lundi 31 décembre 2007 à 00:07

Je passe en vitesse. Je lirai donc plus tard. Mais je te souhaite une très bonne année.

Posté par Bruno, mardi 1 janvier 2008 à 20:15

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