lundi 31 décembre 2007
A l'arrivée
Le texte suivant est une illustration possible de cette image,
joyeusement piquée sur le blog d'Yves Ah oui !
Il est accoudé au comptoir, le peintre.
Il n’entend plus les bruits de la rue,
Il n’entend pas le flot incessant des paroles du patron,
Il n’entend pas non plus la porte qui s’ouvre bruyamment.
Il est comme collé au comptoir, le peintre.
Il imagine un comptoir humain, vivant, fait de tous ceux qui comme lui ont attendu.
Qu’est ce qu’ils ont attendu, au juste ?
L’oubli sans doute, la joie peut-être, tout simplement.
Le retour de la lumière.
Il n’a pas entendu la porte qui s’ouvre soudain.
Mais il a vu la stupeur sur le visage du patron.
Il se retourne :
Une mariée debout sur une bicyclette.
Cheveux noirs, ébouriffés, noirs,
Robe blanche, éblouissante, blanche,
Regard de braise, étincelles de furie,
Et le guidon qui essaie de se faire tout petit…
Elle n’a pas pu dire oui,
Elle s’en moque bien, ça se fête.
Ils se marieront bientôt,
Le peintre et Blanche, ou peut-être Jeanne, quelle importance...
Son ventre rond,
Et les petits qui lèvent déjà le nez du guidon,
Trois petits tours et
Ils s’en vont loin, très loin, encore plus loin.
Ils restent tous les deux,
Le peintre et Jeanne, ou peut-être Blanche, quelle importance…
Il caresse ses cheveux blancs,
Sa main descend vers son ventre
Jusqu’au nombril
Le cordon
Le fil de la vie
Coupé trop tôt
Jamais coupé
A l’arrivée.
A l’arrivée
Commentaires
Impressionnant...dirait mon petit-fils !
Pour Jeanne et Blanche, cela peut avoir une certaine importance...
Ça me plaît beaucoup.
C'est très beau, plein de tendresse têtue et ébouriffée comme Jeanne-ou Blanche.
Voeux variés à toi et aux tiens.
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