jeudi 3 avril 2008
Huitième et dernière semaines
Je recommence.
Je ne sais pas si je reprends, ou si je pars sur un nouveau chemin.
Je suis dans une impasse.
Je sais écrire, ça ne m'est pas difficile. Je pourrais continuer à aligner les mots. Il me faut plus.
Il me manque l'émotion, les mots qui viennent du cœur.
Je n'ai pas envie de continuer pour continuer. Je balance.
Mon histoire se tient, mais elle est trop attendue, trop manichéenne peut-être. Pleine de bons sentiments aussi. J'ai réfléchi à ce que j'espérais d'un bon roman. Une belle histoire, c'est vrai, mais cela ne me suffit pas. Mon "coach" m'a demandé quels étaient les textes que j'avais écrits que je préférais. Je ne jure que par les histoires, j'aurais dû choisir une de mes nouvelles ou encore un incroyable mais vrai. Ce n'est pas ceux que j'ai retenus pourtant. C'est déstabilisant de comprendre ça mais il vaut mieux que je le comprenne maintenant. Mon homme me dit que je peux continuer mon roman, en le reprenant, que ça me fera comme un entraînement. Peut-être. Mais comment continuer un roman pour lequel j'ai autant de doutes?
Ce n'est pas facile de renoncer.
Il m'a fallu beaucoup de temps pour que cette histoire tienne debout, aurais-je le courage de l'abandonner? Aurais-je le courage d'en commencer une autre? Je n'ai pas la moindre idée pour commencer un autre roman. Et puis il y a la question de la technique. Les textes que je préfère sont ceux que j'ai le moins travaillés, ceux pour lesquels les mots sont venus comme ça, juste au bout de mes doigts. Je ne sais pas si je dois faire un scénario bien construit, des fiches de personnages, des cartes des lieux, choses qui ne me sont pas du tout familières et qui me semblent même rebutantes. Faut-il que je pose d'abord une structure, même si c'est pour mieux pouvoir m'en détacher ensuite?
Je n'ai jamais de plan quand j'écris, je ne connais jamais la fin. La fin se construit au fur et à mesure, elle n'est finalement que celle qui s'impose au dernier moment quand toutes les autres issues ont été envisagées et ont capoté. Il en va de même pour mes personnages. Ils commencent par être flous et ils se construisent peu à peu, je les découvre en même temps que le lecteur d'une certaine façon. Ils se construisent avec l'histoire, ils changent, ils sont surprenants. C'est aussi ce que j'aime lorsque je lis un roman, découvrir peu à peu les personnages, je déteste ceux qui sont stéréotypés.
Je balance entre deux romans, entre deux manières d'écrire.
Je ne sais pas où je vais.
J'attends l'étincelle.
- - - - -
Commentaires
C'est de cette façon que j'ai écrit mon bouquin. ;-)
Salutation
William
William : de quelle façon?!
J'avais en tête un p'tit commentaire pleurnichard et puis cet échange entre William et Tiphaine est trop drôle.
J'éclate de rire et ça me suffit pour aujourd'hui !
Ne changez rien !
Papistache : si ça vous fait rire, c'est déjà ça !
Encouragements sans en être vraiment : je ne sais pas non plus faire un roman !!! :-/
Mais si tu y prends du plaisir, j'aurais envie de dire que tu es sur la bonne voie !
Tiphaine je ris de votre dialogue (chacun une réplique, c'est pas du Courteline ) que je trouve surréaliste.
Mais je vais vous adresser mon p'tit commentaire pleurnichard.
"On pourrait pas goûter à quelques miettes ?"
Parfois, me disait ma grand mère, il faut laisser reposer la pâte... [c'est pas vrai, elle m'a jamais dit ça ma grand mère, ça m'est venu comme ça]...
Marie : écrire est un de mes plus grands plaisirs, je ne suis pas sûre que je sois pour autant sur la bonne voie !
Papistache : c'est bien ainsi que je l'avais compris ! Oui, vous pouvez goûter à la première page par exemple, je la publierai peut-être dans ce cas, où je vous l'enverrai si vous voulez. Je m'étais dit que je ne publierai rien de mes travaux en cours. S'ils s'arrêtent, je les bloguerai peut-être. En même temps, si j'arrête c'est que je ne trouve pas ça assez bon pour être publié... Je suis la reine du paradoxe !
Didier : Excellent conseil, que j'essaie de suivre. Ma grand-mère appelait ça "infuser" (ce n'est pas vrai non plus). A vrai dire, j'ai du mal à laisser infuser, je suis du genre combatif, à tout retourner 1000 fois dans ma tête sans pour autant avancer d'un pouce. Je me mets face à mon problème et je ne le lâche pas tant que je n'ai pas trouvé de solution. Me faut trouver autre chose à faire pour ne plus y penser. Heureusement, j'ai des copies à corriger ! Quel beau métier professeur ! (j'adore cette contrepétrie!)
Sans Prosac,devant sa prose, le poète perd ses vers, alors, coraggio e avanti !
Moi je veux bien la 1ère page (ou plus?)...tu as mon mail !
Ecrire, c'est comme l'amour, c'est quand on s'y attend le moins que ça nous tombe dessus ;-)
respire...
Anne Onim : Le Prosac,je n'y avais pas encore pensé!
Ada : merci !
Madison : et vlan, dans les dents !(aïe!)
Il arrive qu'un roman, ce soit comme une première histoire d'amour, une qui casse la coquille. On s'envole à l'histoire suivante...
RibeiroBisouBizo
Merci pour Ribeiro ! A propos de l'écriture j'ai envie de partager ça avec toi, deux anciens-nouveaux d'Actuel parlent du regrétté mutant de la Presse libre :-) Notre mondo-mec JF Bizot et il y a un passage sur les rites d'écriture "maison" assez drôle.J'adore cette vidéo :-) !
Vala ça arrive...
Vala le lien : http://www.lesbizoteries.com/videos.php?video=8046eabe9f61fae
la trame tu l'as maintenant :)
il te reste à broder, mettre à la taille, peaufiner :)
Anita : c'est assez juste...
Kirl : merci pour le lien !
Cécile : du cousu main en quelque sorte ! ;-)
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