El bolg

de la vie en vrac...

vendredi 11 avril 2008

La frontière

Tu imagines un fleuve, un grand fleuve qui bouillonne.
Un fleuve qui charrierait des ordures et des cadavres, un fleuve avec des bateaux de croisière sur lesquels des amoureux s’embrasseraient, un fleuve avec des cargos chargés à ras bord, un fleuve avec des troncs d’arbres qui ressembleraient à des allumettes géantes.
Comme si ce fleuve pouvait s’allumer soudain.
Un fleuve, deux rives. Deux rives, deux pays. Une frontière.
Tous les jours, elle viendrait regarder l’autre rive. Parfois, elle apercevrait la silhouette d’un homme, parfois elle ne verrait que la forêt.
Tous les jours, il viendrait regarder l’autre rive. Parfois, il apercevrait la silhouette d’une femme, parfois il ne verrait que la forêt.
Juste en bordure de ce grand fleuve qui bouillonne, deux pays. Un homme et une femme.
Elle ne saurait rien de lui, ou si peu. Elle saurait sa démarche et son sourire.
Il ne saurait rien d’elle, ou si peu. Il saurait son chant que le vent emporte.
Elle jouerait pour lui des ballets de fleurs dans les airs.
Il jouerait pour elle des histoires sans paroles.
De savoir qu’il existe sa vie serait plus vive.
De savoir qu’elle existe sa vie serait plus vive.
Juste en bordure de ce fleuve qui bouillonne, deux pays. Une frontière.
Des deux côtés de la frontière, un homme et une femme.
Deux passeurs d’amour.


Posté par poutouland à 00:01 - nouvelles - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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