El bolg

de la vie en vrac...

lundi 21 avril 2008

Enterrer la jeune fille

        Il faut vous le dire, je trouvais ça complètement con cette idée de faire un enterrement de vie de jeune fille. Je me suis laissée faire quand même, parce qu’après tout c’était aussi l’occasion de passer une soirée avec mes copines. Et puis peut-être que, finalement, j’avais bien envie de la plonger sous terre cette jeune fille, qui sait…
        Enterrer sa vie de jeune fille… Comme s’il fallait l’enterrer ! Comme si se marier ça signifiait renoncer à être une jeune fille. Ou alors ça signifie qu’être une jeune fille c’est baiser à tort et à travers, en toute liberté. Ce n’est pas tout à fait l’idée que je me faisais d’être une jeune fille.
Ma jeune fille à moi elle était plutôt du genre vierge effarouchée…
    Elles sont venues me chercher en début de soirée, toutes contentes d’elles, riant comme des conspiratrices.
M’ont amenée dans un restau mexicain, m’ont chanté des chansons, m’ont fait boire. A chaque chanson, fallait boire, à chaque fois que je buvais, fallait que j’aille embrasser tous les garçons qui se trouvaient dans la partie inférieure du restaurant.
        Elles m’avaient habillée en rugbyman, un tee-shirt informe, de grosses chaussettes vertes rayées et un short. Beau pied de nez à la sportive que je suis !
Ça faisait un drôle de bruit qui suivait tous mes déplacements : les crampons qui se cramponnaient.
        A chaque fois que j’ai lu des trucs sur mon signe (lion ascendant lion, y’a pas de hasard), je me suis indignée de constater que ceux qui comme moi cumulaient les déterminations étaient des êtres fiers qui aimaient par dessus tout qu’on les admire et qu’on les encense. Je n’aime pas qu’on ne m’aime pas, c’est vrai, mais quand même… Je ne crois pas être du genre à marcher sur les autres pour me mettre en valeur, j’essaie plutôt d’être discrète et je n’aime pas bien qu’on me montre du doigt.
Imaginez comme j’étais mal, toute rougissante, avec ces regards rivés sur moi.
Le pire était à venir cependant !
            Les lumières se sont éteintes, la musique s’est mise en marche. Un truc sirupeux.
Nous étions une vingtaine de filles réunies dans la partie supérieure du restaurant.
Le mâle est entré.
Il se dandinait.
Il a enlevé ses vêtements, petit à petit.
Moi, je devais être plus rouge que rouge. Je baissais les yeux, je ne voulais pas le regarder.
Il a pris mes mains pour que je lui enlève sa ceinture. C’est lui qui faisait tous les gestes.
Les filles riaient et tapaient des mains en cadence.
Il s’est retrouvé presque nu, il avait juste un string et un chapeau de cowboy.
J’étais assise sur une chaise, je crois que je regardais mes pieds.
Il a levé ma tête avec sa main, j’ai regardé ses dents blanches et son sourire.
Il m’a dit tout bas : « N’aie pas peur, c’est juste pour s’amuser ».
Ça m’a touchée.
Que ce type qui ne me connaissait même pas ai compris ma détresse.
Je n’ai rien répondu.
Il s’est assis sur moi, il a pris mes mains pour que je lui caresse les fesses.
J’ai retiré mes mains.
Il m’a souri.
Il a dansé encore pour la galerie, la musique allait vers sa fin.
Il a fini par enlever son string, juste devant moi et a mis une serviette blanche devant son sexe pour le cacher.
Les filles applaudissaient à tout rompre.
L’une d’entre elles a attrapé la serviette et il s’est retrouvé nu.
Comme un prince, il a ôté son chapeau de sa tête et s’est couvert.
Il est parti se rhabiller et est venu m’embrasser avant de partir.
Je l’ai serré dans mes bras, fort.
La jeune fille en moi n’était ni morte, ni enterrée.

Je crois que je mourrai jeune fille.

Posté par poutouland à 01:08 - instantanés - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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