mercredi 30 avril 2008
Deux ans
Deux ans à vous écrire,
Deux ans à vous lire,
Deux ans à vous aimer.
Merci à tous !
Je suis en ce moment en voyage scolaire avec mes zozos préférés, mais, miracle de l'informatique, vous trouverez avant mon retour : une nouvelle preuve (jeudi), une histoire incroyable mais vraie qui a un rapport avec Padre Pio (vendredi) et pour finir, la maison d'Albert (samedi).
Pour ceux qui aiment se souvenir :
- 30 avril 2006 : "Une parenthèse", l'introduction au bolg
- 02 mai 2006 : "A quatre mains", le premier billet
- 22 septembre 2006 : "Haïku n° 8", le 100ème
- 01 avril 2007 : "Dix mois", le 200ème
- 09 octobre 2007 : "Une parenthèse en cadeau", le 300ème
Le 400ème devrait en principe pointer le bout de son nez au mois de mai.
A bientôt !
lundi 28 avril 2008
Pour m'endormir ce soir, il était une fois...
Il était une fois, dans une contrée encore plus lointaine, un pays qui finirait par « ie », une princesse malheureuse comme les pierres. On ne sait pas si les pierres sont malheureuses, c’est une expression pour dire que cette princesse était si triste qu’elle en avait perdu l’usage de la parole.
Son père le roi était inconsolable. Il avait bien sûr fait venir les plus grands médecins et je vous épargnerai les détails de leurs diagnostics tous plus abracadabrants les uns que les autres et surtout de leurs remèdes qui allaient du plus improbable, comme des larmes de hérisson, au plus onéreux comme du diamant des mines de Mamouaisie.
La famille de la forcément belle et forcément ravissante princesse n’avait plus aucun espoir mais un jour…
Un jour, un vieil homme à cheval franchit bruyamment les portes du palais. Il était vêtu tout de gris mais son chapeau pointu était orné d’une étoile multicolore qui projetait des spectres lumineux sur toutes les façades environnantes. On regardait le prodige avec crainte car à cette époque bénie on n’avait pas encore la star ac et les effets spéciaux ne faisaient pas partie du théâtre quotidien. Je m’égare…
Le vieil homme était donc en train de franchir les portes du palais et les gens se reculaient pour le laisser passer, pris de peur qu’ils étaient devant le miracle d’une technologie d’avant garde. Le personnage galopa ainsi jusqu’au trône royal non sans briser le protocole qui ne tolérait absolument pas que des animaux pénétrassent ainsi dans les appartements des souverains. Le roi était justement là, il fut surpris, mais pas trop. Il avait l’habitude de ces originaux qui tentaient de l’impressionner pour mieux pouvoir abuser de sa faiblesse.
En effet, le roi était un homme bon mais crédule comme tant de bons rois hélas. Mais les bons rois existent-ils?
- Mon nom est Aleximobar, dit avec assurance l’homme à l’étoile multicolore.
- Je t’écoute, répondit avec à propos le roi.
- Seigneur, je sais comment guérir votre fille !
Le roi fronça les sourcils, comme le lui avait habilement conseillé son coach en image. Le procédé devait faire comprendre à l’interlocuteur qu’il ne serait pas facile à berner. En cachette, tous les matins, le roi s’entraînait devant sa glace à froncer les sourcils, en pure perte hélas.
Aleximobar lui expliqua donc sans sourciller que sa fille souffrait d’un mal terrible, tellement terrible qu’on n’avait pas le droit d’en prononcer le nom sous peine de l’attraper aussitôt.
Seuls les fruits bleutés de l’arbre le plus petit au monde étaient capables de guérir la princesse…
Le roi fit venir ses plus grands savants et leur donna pour mission de dénicher le plus petit arbre du monde. De valeureux explorateurs furent rapidement envoyés vers le Japon, la patrie des bonsaïs. Ils finirent donc par débusquer le plus petit d’entre eux : c’était un érable du fleuve Amour, il mesurait à peine deux centimètres. Mais de fruits bleutés, il n’en avait point…
dimanche 27 avril 2008
Les lus
Melle Bille a proposé à ses lecteurs de piquer le morceau d'un de ses savoureux articles pour jouer avec. Le texte qui suit, c'est ma contribution à ce jeu.
D'autres lecteurs participent, je vous invite à leur rendre visite en cliquant sur les liens suivants :
Monsieurmonsieur, Le Président, Macaron , STV, Le roi Ubu , Ardalia , Zelda?
Les lus
"Tout le monde sait parfaitement que l'archiviste est un morceau de carton, un leurre destiné à nous faire croire qu'un érudit original hante encore les sous-sols de la bibliothèque."
Ce que vous ignorez peut-être, c’est que les livres eux-mêmes n’existent pas.
Du moins, pas encore…
Les livres qui reposent dans les sous-sols de la bibliothèque sont morts.
La poussière les recouvre, ils croulent sous le poids du néant, ils attendent qu’enfin quelqu’un les appelle, qu’une main inscrive leur nom sur une petite fiche.
Lorsqu'une main s’apprête à inscrire un nom sur le bout de carton, ça s’agite en bas.
Lorsqu'une main remplit une fiche, elle signe la résurrection d’un livre.
Un élu va sortir du néant !
Les pages des romans à l’eau de rose se mettent à frissonner doucement sous l’œil attendri des vieilles encyclopédies; les livres de cuisine se mettent à bouillonner, à petit feu pour commencer; la couverture des romans d’aventure se gonfle, épousant à s’y méprendre la forme d’une voile; les ouvrages de science-fiction se rematérialisent par morceaux; les pièces de théâtre se mettent à tousser pour s’éclaircir la voix; les personnages de bandes dessinées retournent dans leurs cases; les recueils de poésie ne mouftent pas, trop occupés qu’ils sont à rassembler leurs mots qui se sont éparpillés absolument partout; les cartes se redessinent, les lettres s’écrivent, les poèmes se disent, les pamphlets s’aiguisent…
Quelques dictionnaires snobent leurs congénères de papier, ils sont tellement persuadés de leur importance qu’ils se doivent de ne pas participer à ce début d’euphorie. On ne se méfiera jamais assez de l’œuf au riz, pensent-ils en secret, et ils se délectent presque amoureusement de leur jeu de mots.
Sous cette main, les pages vont vibrer à nouveau, grâce à cette main, les mots ressuscitent.
Lorsqu'une main remplit une fiche, elle ne sait rien du drame qui se joue en bas.
Que peut savoir une main ?
Des millions de candidats, un seul élu !
Vous allez me dire que c’est le principe même de la vie, qu’il n’y a pas de quoi dramatiser non plus, ce ne sont que des livres après tout !
Malheureux ! N’avez-vous donc pas compris que NOUS sommes ces livres ?
samedi 26 avril 2008
Mes incroyables mais vrais, épisode quatorze
Reine est au bord de la mer,
Juste à la frontière entre l’eau et la terre, entre la terre et la mer...
Là où l’étang touche presque la mer, là où la mer touche presque l’étang,
Reine marche sur la bande de terre.
Dans une flaque, un poisson est étendu le ventre à l’air.
Il suffoque, il se débat : l’eau manque.
La mer n’est pas loin.
Les pêcheurs non plus.
Reine prend le loup dans ses bras.
Il ne bouge plus.
Elle marche vers les eaux profondes avec le poisson dans ses mains.
Elle jette le loup à l’eau.
Il coule vers le fond, comme une pierre.
Il descend, il descend…
Reine le regarde.
Le loup touche le fond.
Un temps.
Il frémit puis il s’élance vers le loin.
Reine le voit s’éloigner.
Il se retourne soudain.
Il regagne le bord.
Reine et le loup se regardent.
Il me dit merci, pense Reine.
Elle m’a sauvé, pense le poisson.
Le loup repart vers la mer.
Reine regagne la terre.
Il est des loups de terre et des reines de mer,
Juste à la frontière.
vendredi 25 avril 2008
Preuve n° 2
jeudi 24 avril 2008
Quand penser NUIT GRAVEMENT A LA SANTE mentale
Je t’ai dit que je n’attendais rien ?
Ce n’est pas vrai, j’attends l’impossible.
J’attends que les routes ne mènent enfin nulle part.
Je tombe et je me relève cent fois dans la journée.
Je me cogne la tête contre les murs de l’habitude.
Je ne sais pas quoi faire de mes mains.
Je n’arrive plus à écrire.
Une boule de nerfs, un truc en fusion permanente, une flèche sans destination, un cerceau qui tourne à vide, une seule idée en tête qui vient cogner douloureusement contre mon crâne.
Je marche, je respire, je vis.
J’essaie de ne plus penser.
L’obsession s’en va.
Elle revient plus violente encore.
Je ne me reconnais plus.
Je me sens tellement ridicule.
Le pire, c’est que ça ne change rien.
Mon ridicule ne me tue pas.
J’ai essayé d’occuper mon corps, je n’y arrive pas.
J’ai essayé de vider ma tête, je n’y arrive pas.
J’ai essayé d’imaginer ce jour où je serai libre enfin, je n’y arrive pas.
J’ai essayé de…
Elle revient plus violente encore.
Et c’est tellement facile de céder.
Ne pas faire payer les autres, ne pas déverser ma rage sur ceux que j’aime, ne pas les accuser de mon impuissance…
Une autre respiration.
Petite victoire.
Ne pas aller trop vite.
Je t’ai dit que je n’attendais rien ?
Ce n’est pas vrai, j’attends l’impossible.
J’attends que mes routes me mènent enfin nulle part.
Tu vois ce petit point là-bas ?
C’est moi, en route vers nulle part,
Là où tout arrive parce qu’on n’attend plus rien.
""Y'a une route.
Tu la longes ou tu la coupes.
Tu t'allonges et on te passe dessus,
Ou tu te lèves et on te tire dessus,
Mais, y'a une route.
C'est mieux que rien.
Sous tes semelles c'est dur et ça tient."
mercredi 23 avril 2008
Preuve n° 1
mardi 22 avril 2008
Lettre à ma dernière cigarette
Je croyais que je n’étais capable d’écrire que des lettres d’amour.
Cette lettre n’est pas une lettre d’amour.
Je te le dis avec rage, avec haine : je te déteste d’avoir été plus forte que moi.
Des raisons pour arrêter de fumer, j’en connais des centaines et tu vois ça ne m’a pas suffi.
Tu as été ma béquille, ce truc pas très gracieux que je mettais dans ma bouche pour ne pas avoir à parler, ce machin nauséabond qui me protégeait du regard des autres, cet écran de fumée juste entre le monde et moi.
Je t’écris pour te dire que je ne veux plus te revoir, que t’as pas intérêt à repointer ta gueule sous la mienne.
Je sais tes manigances, je sais tes illusions, je sais tes stratégies.
Je ne suis pas juste. Je sais MES manigances, MES illusions, MES stratégies.
T’insulter, c’est aussi m’insulter. Je suis très douée pour l’auto flagellation mais j’en ai assez.
Assez de toi et assez de moi cramponnée à toi.
Si la mort a un visage, elle ressemble au tien. C’est ce visage-là que je veux effacer de moi.
Je sais bien que je ne vaincrai pas la mort, peu importe, je ferai de mon mieux pour la tenir à distance respectueuse.
Je ne suis pas fière de moi, je voudrais continuer à oublier dans tes bras de nicotine.
Si je n’étais pas faible, tu ne m’aurais pas eue, tu le sais n’est-ce pas.
Tu le sais tellement bien…
Je sais aussi que tu ne vas pas me lâcher comme ça, c’est un vieux combat entre nous, je sais que tu vas me tenter, que tu vas continuer à me narguer, longtemps, très longtemps, toujours sans doute.
Je prends le risque.
Mort à la mort.
Et vive la vie.
lundi 21 avril 2008
Enterrer la jeune fille
Il faut vous le dire, je trouvais ça complètement con cette idée de faire un enterrement de vie de jeune fille. Je me suis laissée faire quand même, parce qu’après tout c’était aussi l’occasion de passer une soirée avec mes copines. Et puis peut-être que, finalement, j’avais bien envie de la plonger sous terre cette jeune fille, qui sait…
Enterrer sa vie de jeune fille… Comme s’il fallait l’enterrer ! Comme si se marier ça signifiait renoncer à être une jeune fille. Ou alors ça signifie qu’être une jeune fille c’est baiser à tort et à travers, en toute liberté. Ce n’est pas tout à fait l’idée que je me faisais d’être une jeune fille.
Ma jeune fille à moi elle était plutôt du genre vierge effarouchée…
Elles sont venues me chercher en début de soirée, toutes contentes d’elles, riant comme des conspiratrices.
M’ont amenée dans un restau mexicain, m’ont chanté des chansons, m’ont fait boire. A chaque chanson, fallait boire, à chaque fois que je buvais, fallait que j’aille embrasser tous les garçons qui se trouvaient dans la partie inférieure du restaurant.
Elles m’avaient habillée en rugbyman, un tee-shirt informe, de grosses chaussettes vertes rayées et un short. Beau pied de nez à la sportive que je suis !
Ça faisait un drôle de bruit qui suivait tous mes déplacements : les crampons qui se cramponnaient.
A chaque fois que j’ai lu des trucs sur mon signe (lion ascendant lion, y’a pas de hasard), je me suis indignée de constater que ceux qui comme moi cumulaient les déterminations étaient des êtres fiers qui aimaient par dessus tout qu’on les admire et qu’on les encense. Je n’aime pas qu’on ne m’aime pas, c’est vrai, mais quand même… Je ne crois pas être du genre à marcher sur les autres pour me mettre en valeur, j’essaie plutôt d’être discrète et je n’aime pas bien qu’on me montre du doigt.
Imaginez comme j’étais mal, toute rougissante, avec ces regards rivés sur moi.
Le pire était à venir cependant !
Les lumières se sont éteintes, la musique s’est mise en marche. Un truc sirupeux.
Nous étions une vingtaine de filles réunies dans la partie supérieure du restaurant.
Le mâle est entré.
Il se dandinait.
Il a enlevé ses vêtements, petit à petit.
Moi, je devais être plus rouge que rouge. Je baissais les yeux, je ne voulais pas le regarder.
Il a pris mes mains pour que je lui enlève sa ceinture. C’est lui qui faisait tous les gestes.
Les filles riaient et tapaient des mains en cadence.
Il s’est retrouvé presque nu, il avait juste un string et un chapeau de cowboy.
J’étais assise sur une chaise, je crois que je regardais mes pieds.
Il a levé ma tête avec sa main, j’ai regardé ses dents blanches et son sourire.
Il m’a dit tout bas : « N’aie pas peur, c’est juste pour s’amuser ».
Ça m’a touchée.
Que ce type qui ne me connaissait même pas ai compris ma détresse.
Je n’ai rien répondu.
Il s’est assis sur moi, il a pris mes mains pour que je lui caresse les fesses.
J’ai retiré mes mains.
Il m’a souri.
Il a dansé encore pour la galerie, la musique allait vers sa fin.
Il a fini par enlever son string, juste devant moi et a mis une serviette blanche devant son sexe pour le cacher.
Les filles applaudissaient à tout rompre.
L’une d’entre elles a attrapé la serviette et il s’est retrouvé nu.
Comme un prince, il a ôté son chapeau de sa tête et s’est couvert.
Il est parti se rhabiller et est venu m’embrasser avant de partir.
Je l’ai serré dans mes bras, fort.
La jeune fille en moi n’était ni morte, ni enterrée.
Je crois que je mourrai jeune fille.
dimanche 20 avril 2008
Rétention de Sûreté : une peine infinie
"Pour soutenir cette initiative et les futurs opus de la série "Réfutations" vous pouvez acheter le DVD 12 € (frais de port inclus) par paiement en ligne sur le site www.lautrecampagne.org ou par chèque à l’ordre de L’Autre association, 3, rue des Petites Ecuries, F-75010 Paris. Merci de nous informer de toutes initiatives afin que nous relayons l'information sur nos différents sites."
Vous pouvez visionner le reste du film sur www.lautrecampagne.org
Si vous voulez signer l'appel pour
l'abolition de la
loi :
http://www.contrelaretentiondesurete.fr




