mercredi 7 mai 2008
Le mangeur de couleurs
Est-ce un homme, est-ce une femme, je n’en sais rien.
Est-ce un rêveur, est-ce un poète, je ne le sais pas non plus.
Certains glissent à côté des couleurs de la vie, sans les voir
Lui, il les mange, sans rien dire.
Tu ne remarques rien,
Le ciel ne te paraît pas moins bleu,
Mon cœur ne te semble pas moins rouge,
Et l’or de l’œil du chat, il brille toujours autant !
Le vert de vin n’est pas vide…
La porcelaine rose des joues de l’enfant,
Le jaune de la pièce dans la petite main,
Le noir sous les ongles,
Le turquoise arraché aux îles endormies,
Le blanc de mes paroles,
Le sang de ta violence,
Tu ne remarques rien ?
Certains glissent à côté des couleurs de la vie, sans les voir,
Lui, il les mange, sans rien dire.
Si tu regardes à l’intérieur de lui,
Tu trouveras un jardin multicolore.
Glisse-lui dans le creux de l’oreille
Que tu sais les couleurs de son âme.
Regarde-le bien: il a peur.
S’il te plaît,
Fais-ça pour moi,
Montre-lui son vrai visage.




