vendredi 30 mai 2008
Comment j’ai rencontré Dieu - 1 -
J’ai rencontré Dieu sur un petit chemin, dans les Corbières.
Nous cherchions des asperges sauvages. Je n’en ai jamais trouvé. Mon fils courait devant avec son père, ils voulaient être les premiers à arriver à la rivière, mes amis avaient le nez dans le talus pour débusquer la rebelle, ma fille regardait le paysage du haut de ses dix mois et de sa poussette.
J’avançais doucement, comme toujours, loin derrière et heureuse de profiter de la beauté du paysage, du bonheur d’être avec ceux que j’aime, de l’odeur des fleurs, du bruit de l’eau, des cailloux multicolores, du vent qui caresse et du soleil qui chauffe.
J’ai fini par me retrouver seule sur le chemin. Les autres m’avaient distancée, déjà, et ça m’allait bien, je n’aime pas qu’on m’attende.
Et puis soudain, une étrange musique. C’est beau, c'est doux, c’est triste et joyeux à la fois. J’avance un peu plus vite, j’ai envie de savoir. Autour de moi, les montagnes, les arbres et les asperges sauvages qui resteront cachées. Je suis le son, je m’écarte du chemin, la musique enfle, je ne connais pas cet air, je ne sais pas qui joue, je ne cherche plus, j’entends, j’écoute, les notes entrent en moi, elles roulent, c’est comme si elles disaient je t’aime à chaque partie de moi. A mon corps, à mon cœur, à ma raison, à ma folie, à mon âme.
C'est tellement beau, c'est tellement doux.
Cet air est indicible, mes mots sont impuissants.
C’est comme si la grâce était tombée du ciel.
La musique s’arrête, j’ai envie de hurler merci.
Je hurle.
La musique reprend.
Merci...
Je continue, je marche, je cours vers elle.
Une petite maison à flanc de colline.
Un homme debout, face au soleil.
Il souffle dans un saxophone.
Le temps s’est arrêté...
mercredi 28 mai 2008
Preuve n° 6
mardi 27 mai 2008
Veuillez parler dans l’hygiaphone s’il vous plaît
Nous avons mis nos rêves en bouteilles et nous les regardons parfois, bien à l’abri dans leurs caves blindées dans lesquelles la température et l'hygrométrie de l'air sont contrôlés, à chaque seconde.
Nous avons affadi le goût de nos aliments, nous avons supprimé l’odeur des genêts, nous avons grandi très très vite pour ne pas perdre de temps, nous avons égaré depuis longtemps le dernier petit caillou qui restait dans notre poche, nous avons organisé nos voyages, nous avons enfermé nos désirs dans des plaisirs factices, nous avons cru nos rêves accessibles, nous avons remplacé nos rêves par de la matière, nous avons arrêté de croire à l’avenir, nous avons dormi les yeux ouverts, nous avons mis nos amours sous préservatifs, nous avons pris les lanternes pour des vessies, nous avons cultivé notre corps avant qu’il ne pourrisse, nous avons oublié nos âmes, nous avons bombé le torse pour nous faire croire que nous sommes beaux, nous avons cru toucher les étoiles.
Nous croyons encore que nous pouvons atteindre les étoiles.
Parce que nous ne pourrions pas vivre sans cela.
Parce que la vie ne voudrait plus rien dire.
Mais on ne peut pas toucher les étoiles, sans risquer sa vie.
Nous avons mis nos rêves en bouteilles et nous les regardons parfois, bien à l’abri dans leurs caves blindées dans lesquelles la température et l'hygrométrie de l'air sont contrôlés, à chaque seconde.
lundi 26 mai 2008
Pour m'endormir ce soir, il était une fois... (épisode 5)
Le début et la suite de ce conte, vous pouvez les retrouver dans l'ordre déchronologique en cliquant sur "nouvelles" en bas de ce message.
Il nous faudra leur faire confiance.
Aurélien et Agapanthe sous le toit de feuilles,
Agapanthe et Aurélien au milieu de l’univers,
Dansent.
Il nous faudra leur faire confiance.
Aurélien regarde Agapanthe,
Agapanthe regarde Aurélien,
Et leur ballet magique époussette les constellations.
Il nous faudra leur faire confiance.
La nuit sera moins noire,
Les étoiles brilleront plus fort.
Il nous faudra leur faire confiance.
dimanche 25 mai 2008
Sous la bannière, la plage en vrac
La foule innombrable de mes lecteurs s’interroge. Je ne peux pas la laisser dans le doute, ce serait trop cruel.
D’où viennent donc les images qui sont dans la bannière de mon bolg ?
En hommage aux jeux du dimanche de Claudiogène (ça me manque !), je vous propose d’essayer de deviner l’origine des images suivantes et de le faire suivre d’un parce que.
Comment ça c’est pas clair ?
Un exemple.
Une illusion d’optique représentant Don Quichotte parce qu’il faut lutter, toujours, même contre les moulins à vent. (toujours pas réussi à trouver l’auteur de cette image, si quelqu’un le sait…)
Un autre exemple, parce que celui-là vous ne pourrez pas trouver.
L’œil d’Aurianne parce qu’il faut savoir garder son regard d’enfant.
Que nous reste-t-il ?
Trois livres, sept fraises, un playmobil, trois tableaux du même peintre, et une image extraite d’un film qui m’a profondément marquée.
A vous de jouer.
Comment ?
Ah ! Un lecteur enthousiaste me propose déjà "l'homme, la femme, la télé et le lampadaire". Cher lecteur, c’est bien essayé mais hélas ce n’est pas le bon titre de film. J’espère que parmi la foule des commentateurs s’élèvera une voix qui saura vous apporter la réponse que vous cherchez !
Quoi ? J’en fais un peu trop ? !
Pas du tout !
Pfff…. Si on n’a même plus le droit d’être de bonne humeur alors…
Edit de 14h31, pour Madison (désolée j'ai pas plus grand!) :
samedi 24 mai 2008
A Paris
(Ayé l'épisode trois est en ligne)
Fleur de cactus
Sur le blog de Didier, un texte perturbant.
Si vous n'aimez pas être perturbé, je vous offre cette fleur qui a poussé cette nuit dans mon jardin.
Si vous aimez être perturbé, je vous l'offre aussi.
Si vous avez été perturbé vous en avez sans doute grand besoin !
vendredi 23 mai 2008
Tag culinaire
Pour tout vous dire, je n’aime pas ça les tags. Mais c’est Anita qui m’a envoyé celui-là, alors je vais faire une exception, parce qu’Anita je l’aime beaucoup, entre Anita et une framboise je serais incapable de choisir…
1 - un aliment ou produit que je n'aime pas du tout
Tous les animaux qui sont servis dans leur forme d’origine. Je m’explique ! Je suis incapable de manger des crevettes, du homard, un poisson avec sa tête, un lapin ou un pigeon qui me regardent avec leurs yeux morts. Pas possible ! Mais si vous avez la gentillesse de décortiquer les crevettes pour moi, ou d’ôter la tête de l’animal, je me régale !
2 - mes 3 aliments favoris
Comme si je pouvais en choisir trois ! Je vous livre les trois premiers qui me viennent entête.
Les framboises
Les cerises
Les mangues
3 - ma recette favorite
Je change de recette préférée presque tous les mois, il y en a quand même une qui résiste aux années.
Mousse de framboises et de mangues à la violette façon Tiphaine
Pour 4 personnes (mais j’en fais toujours pour huit !) :
Dans le mixeur, 4 yaourts brassés, des framboises (piouh…. 200 grammes ?), du sucre (100 grammes? je goûte puis je rajoute!), deux mangues, du sirop de violette (euh… deux cuillères à soupe ?).
Je mixe, je mets dans des coupelles, zou au frigo.
Au moment de servir, j’ajoute sur le dessus des spéculos en miettes.
C’est simple et délicieux !
4 - ma boisson de prédilection
Il n’y en n’a pas une, ce choix est impossible.
Le lhassi à la rose, délicieux avec un plat épicé, le fragolino, délicieux tout le temps (du vin à la fraise qui vient d’Italie), le Châteauneuf du Pape, oh, le Châteauneuf du Pape… Le lambrusco, Le Xeres et son envoûtante odeur, le lacryma christi, je connais des Lalande Pomerol et des Saint Emilion à tomber par terre…
L’important ce n’est pas ce qui se trouve dans mon verre, c’est la personne avec qui je le bois.
5 - le plat que je rêve de réaliser et que je n'ai toujours pas fait
Je crois que j’aimerais cuisiner de la pastilla, un délicieux souvenir d’enfance, mais je ne l’ai jamais fait parce que je suis persuadée que je ne retrouverai jamais ce que j’ai aimé, alors. Quel plat serait capable de me transporter au Maroc dans l’insouciance de mes huit ans ?
6 - mon meilleur souvenir culinaire
Je n’en ai pas. J’ai des milliers de souvenirs agréables de repas partagés, j’aime le sourire de mes amis, les conversations rieuses, les verres qui font tchin, le rire des enfants sous la table, la lumière de la lune, les bougies, la musique des mots, les yeux qui se rencontrent…
Que pouvait-il bien y avoir dans mon assiette ?
Je n’en sais rien.
Mon meilleur souvenir culinaire, c’est ce repas qui n’existe pas encore, celui que nous partagerons bientôt, demain, après-demain et encore. Et encore.
Reprend ce tag qui veut !
jeudi 22 mai 2008
L'été où est-il ?
mercredi 21 mai 2008
Pêche miraculeuse
Les canards se suivent docilement sur le cours d’eau artificiel. Un cercle en plastique bleu.
Autour, ça hurle, ça crie, les gourmettes tombent du haut des fauteuils renversés, les voitures se tamponnent, les pommes d’amour se font croquer, les portefeuilles disparaissent dans d’autres mains que celles de leurs propriétaires, les nez se brisent sur des murs invisibles, les jupes se soulèvent sous l’air chaud qui vient d’en bas, les marrons grillent, les ballons explosent, les ficelles sont tirées, les pinces accrochent le vide, les grosses peluches attendent la chance, les tourniquets grincent, les balançoires espèrent le ciel…
Les canards se suivent docilement sur le cours d’eau artificiel et mon fils les regarde.
Ils passent et repassent devant lui, et repassent encore.
A côté de mon enfant, une petite fille. Huit canards dans son panier rose.
Plus que deux. Elle s’applique.
Mon fils tend sa canne à pêche. Il commence à remplir son petit panier, un beau sourire sur son visage de crapule.
- « C’est pas comme ça qu’il faut faire ! Regarde, maman ! Le petit garçon il a pas pêché de canards ! »
Dans le panier en plastique de mon fils, pas un seul canard jaune.
Mais des araignées, des crocodiles, des mouches, des guêpes et des monstres terribles.
Les canards se suivent docilement sur le cours d’eau artificiel.
Mais les araignées, les crocodiles, les mouches, les guêpes et les monstres terribles…






