El bolg

de la vie en vrac...

samedi 21 juin 2008

Une philosophie de vie ?

Comment réussir à vivre dans un monde dans lequel j’ai parfois l’impression de manquer de liberté, quand je sais, en définitive, que l’issue est toute tracée, qu’elle a pour nom "fin", ou «mort» et que je ne pourrai pas y échapper ?
Est-ce que j’ai une philosophie de vie ?

Cette question se pose à moi depuis toujours. J’ai arrêté d’aller voir le psy le jour où j’ai compris que j’aurais beau dire et redire de toutes les manières possibles ma vie, mon parcours, j’en reviendrais toujours à la même question insoluble : à quoi ça sert de vivre puisque la vie finit un jour? Pourquoi est-ce que je vis quand même, puisqu’il y a une fin, inévitable ? A quoi ça peut bien servir de s’agiter dans tous les sens, de penser, de rêver, de créer ?
Cette absurdité, j’ai d’abord choisi de ne pas y penser. J’avais le temps de me tracasser, j’ai préféré vivre, simplement, sans chercher de réponse, persuadée dans le fond qu’il n’y avait pas de réponse.
Et puis c’est revenu. Avec cette histoire de fin de conte. Pourquoi est-ce que je n’aime pas les fins ? J’ai essayé de répondre, j’ai parlé de la liberté, qui m’est essentielle, de mon corps qui lutte lui aussi, et puis, lié à la fin et au corps, il y a forcément le temps.
Je crois bien que j’ai besoin d’exprimer les liens entre le temps et ma manière de vivre, car c’est ma manière de gérer le temps qui détermine, en grande partie, peut-être totalement, ma manière de vivre.

Est-ce que j’ai une philosophie de vie ?
Je vais essayer de répondre.
A priori, ce n’est pas évident. Mais je vais essayer quand même, c’est important.
La première chose qui me vient à l’esprit, c’est un exemple.
Je ne sais pas bien les théories mais je sais les exemples et les métaphores.
En juillet 2006, nous avons acheté une maison. Cela m’a été très difficile. Pourtant, sur un plan strictement pratique, c’était la meilleure chose à faire, il n’y avait pas d’état d’âme à avoir. Mais acheter une maison, pour moi, c’était un peu comme me payer ma future tombe. Peur d’être propriétaire, peur de posséder, de m’enraciner, de ne plus pouvoir partir, ne plus pouvoir changer, bouger, peur de me sédentariser la tête. Bien sûr, je peux toujours me dire que cette maison, nous pourrons la revendre, c’est ce que je me dis d’ailleurs, j’ai besoin que cette possibilité existe pour être sereine.
Premier point.
Il m’arrive parfois de tirer les cartes. Quand on me le demande. Je prends le jeu, je l’étale en éventail, comme j’ai vu ma mère faire tant de fois, et sept cartes doivent être désignées. Sept cartes que je pose devant moi, sur la table,  que je retourne au fur et à mesure. Avant de commencer à parler, ou plutôt, comment dire, avant que ça ne parle en moi, voilà ce que j’explique à celui ou à celle qui veut connaître son avenir:
« Ces sept cartes sont une représentation d’un moment, comme une photo, comme une carte routière avec des directions. Les cartes qui montrent l’avenir, sont aussi des photos, des possibilités. C’est comme si je te disais : Voilà ce que tu peux faire, maintenant, voilà le destin possible qui s’offre à toi. Mais ce destin n’est pas figé, les cartes changent en fonction de ce que toi tu décides."
Je crois profondément que nous sommes les acteurs de notre destin, les cartes montrent une évolution possible à un instant précis, elles ne disent pas la vérité, je ne crois pas qu’il y ait de vérité du destin.
Deuxième point.

Est-ce que j’ai une philosophie de vie ?
Je me contente de vivre. Je prends plaisir à vivre, au jour le jour. Je prends tout le bonheur que je peux prendre, je laisse le malheur et, si je ne le peux pas, j’essaie de le transformer.
Est-ce à dire que je ne me préoccupe pas de l’avenir ?
Non, je pense à l’avenir, je ne sais pas vivre sans projet, j’ai besoin de savoir qu’il y a un avenir. Mais pour être vraiment sereine, j’ai besoin que cet avenir soit une somme de possibilités et non une direction figée. L’idée d’être prise au piège d’un destin implacable, même si cet avenir semble joyeux, m’est insupportable.
J’ai besoin de savoir que plusieurs chemins s’offrent à moi. Surtout pas un seul.
J’ai besoin que mon avenir soit suffisamment flou pour qu’il me laisse la possibilité d’évoluer librement.
Ça c’est pour le long terme.
Pour le court terme, c’est différent. Enfin je crois.
Quand je me lève, j’ai le cerveau embrumé, me faut un thé, vite. En même temps que je bois mon thé, petit à petit, je réfléchis à ce que je vais faire dans ma journée, je me donne des missions. Dans mes missions, il y a des obligations, essentiellement le boulot mais aussi l’intendance quotidienne, en général, j’essaie de m’en débarrasser le plus vite possible. Me restent ensuite, les possibles, auxquels je ne suis pas tenue. Beaucoup de possibles, j’aime avoir un large éventail. A la fin de la journée, il arrive qu’aucun de ces possibles ne soit devenu réalité, ce n’est pas grave, demain est un autre jour, avec un nouvel éventail de possibles.
Ce n’est pas différent, je le découvre en l’écrivant. Je passe mon temps à me projeter, dans le court et dans le long terme, mais je refuse les chemins tout tracés.
Un paradoxe ? J’aime les journées ou je décide que je ne décide rien, où je ne me fais aucun programme, où je laisse ce qui arrive me porter. C’est très bon aussi. Je ne suis pas sûre que ce soit paradoxal parce que j’ai toujours la possibilité de refuser ce que m’offre cette journée.
J’aime prendre ma voiture et rouler sans savoir où je vais, m’arrêter au hasard du paysage, j’aime l’imprévu. Non, ce n’est pas exactement ça, car cet imprévu fait partie de mon éventail de possibilités, il n’a pas d’image concrète mais il est prévu d’une certaine façon. Je laisse toujours une marge au hasard.

Me voilà bien avancée… Qu’est-ce que c’est alors, cette philosophie de vie ?
Savoir que la fin est possible, mais ne l’envisager que comme une possibilité parmi d’autres ?
Choisir à chaque instant un possible parmi des milliers de possibles ?
Savourer le moment présent et construire chaque jour un avenir mouvant ?

Pas de réponse figée.
Une réponse possible à un moment donné.

Et vous, comment faites-vous ? Avez-vous une « philosophie de vie » ?
J’aimerais bien savoir, je trouve que c’est important de le partager, alors, une fois n’est pas coutume , je vous invite à me répondre dans les commentaires de ce message, ou bien sur votre blog si vous en avez un.

Posté par poutouland à 15:53 - en vrac - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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