J’ai rencontré Dieu dans un virage, sur une route de Crète.
La route fait des lacets, j’avance doucement, sous le soleil.
Le paysage défile, comme au ralenti, monastère après monastère, olivier après olivier, pierre après pierre…

Dans un virage, un vieil homme se tient debout, au milieu du chemin.
Il me regarde.

J’arrête la voiture.
Il me fait signe de baisser la vitre, je baisse la vitre.
Il me parle mais je ne comprends pas sa langue.
Des mots très beaux, une musique dont j’ignore tout, mais qui est tellement belle.
Et des yeux gris avec de la vie dedans.

Il prend ma main, il l’ouvre.
Il met la sienne dans la poche de sa veste en tissu bleu puis il dépose délicatement une poignée d’amandes dans le creux de ma main.
Il me sourit. Je lui souris.
Il s’en va.

Je regarde les fruits dans ma main, les enveloppes de velours, toutes douces.
Je ne résiste pas.
Je croque, je libère une amande.
Et c’est bon…

Dans le rétroviseur là-bas, un petit vieux sur le chemin caillouteux.