J’ai rencontré Dieu dans un verre de vin.
Dans un vin à la couleur, à l’odeur et au goût jamais retrouvés.
Un vin interdit à la vente, aujourd’hui. Petite bouteille difforme, sans étiquette, qui ne laisse pas passer la lumière, vin comme passé en fraude par les cousins italiens. Vin du pays de mes ancêtres. Vin du Trentino.
Fragolino, quel doux nom…
Je débouche la bouteille.
L’odeur de fraise des bois et de fleur d’oranger vient me dire joyeusement bonjour.
Chuuut…
Verser tout doucement le vin dans le verre et prendre le temps de regarder.
Rouge sang, rouge rubis, comme une mer de vie à portée de la main.
Sentir encore. Retrouver les chemins buissonniers, les vieux murs, les fruits cachés… Se souvenir du vieil oranger, de ses toutes petites fleurs blanches, si douces…
Porter le verre à ses lèvres.
Contact.
Liaison directe avec Dieu.
Fermer les yeux.
Profiter.
Ne pas mettre des mots sur ce qui ne peut pas être mis en mots.
Boire.
Ouvrir les yeux.
S’étonner.
Longtemps, longtemps après que le vin soit bu,
il reste un goût de paradis dans la bouche…