mercredi 21 octobre 2009
Je voudrais ...
Je voudrais une fête étrange - Jacques Bertin
Je voudrais
Une fête étrange et très calme
Avec des musiciens silencieux et doux
Ce serait
Par un soir d’automne un dimanche
Un manège très lent, une fine musique
Des femmes nues assises sur la pierre blanche
Se baissent pour nouer les lacets des enfants
Des enfants
En rubans et qui tirent des cerfs-volants blancs
Les femmes fredonnent un peu, leur tête penche
Je voudrais
D’éternelles chutes de feuilles
L’amour en un sanglot un sourire léger
Comme on fait
Entre ses doigts glisser des herbes
Des femmes calmement éperdues allongées
Des serpentins qui voguent comme des prières
Une danse dans l’herbe et le ciel gris très bas
Lentement
Et le blanc et le roux et le gris et le vert
Et des fils de la vierge pendent sur nos bras
Et mourir
Aux genoux d’une femme très douce
Des balançoires vont et viennent des appels
Doucement
Sur son ventre lourd poser ma tête
Et parler gravement des corps. Le jour s’en va
Des dentelles des tulles dans l’herbe une brise
Dans les haies des corsages pendent des nylons
Des cheveux
Balancent mollement on voit des nuques grises
Et les bras renvoient vaguement de lourds ballons
vendredi 16 octobre 2009
N'empêche...
Je trouve que c'est normal que les mecs s'organisent pour préparer la gestion de la grippe A, il me semble que si j'étais au gouvernement, j'en ferais autant, histoire de pas me faire lapider ensuite par ceux qui ont voté pour moi et qui auraient tôt fait de me conspuer si j'avais minimisé le risque.
Bien, ça c'est dit.
N'empêche…
Au jour d'aujourd'hui, comme on s'autorise à le dire, on suppose que cette grippe pourrait toucher 20 pour 100 des français, elle a déjà coûté plus de 1,5 milliards d'euros.
C'est beaucoup 1,5 milliards d'euros. Et c'est peut-être trop peu, je n'en sais rien, je ne suis pas médecin. Peut-être faut-il vacciner les personnes à risque puisque c'est ce qu'on nous dit, je ne vois pas de raisons a priori de ne pas le croire, malgré mon esprit parfois acide je ne suis pas fan des diverses thèses du grand complot. Oui, les labos vont s'en mettre plein les poches. Et alors? C'est pas déjà ce qu'ils font?
C'est beaucoup quand même au regard de ce qu'on pourrait faire avec cette somme.
Pas moins de 10 millions d'enfants meurent chaque année dans le monde, et on estime à 6 millions le nombre d'entre eux qui pourrait être sauvé par un simple traitement médical et des mesures de prévention basiques. C'est pas moi qui le dit. C'est des types qu'essaient de sauver des gosses qui crèvent dans des pays dont on n'a pas vraiment envie de parler. Ces types, ils disent que le traitement des 19 millions d’enfants les plus gravement malnutris nécessiterait moins de 3 milliards d’euros par an.
Avec ce que vient de débourser la France, on aurait pu en sauver presque 10… Millions…
Je sais bien, faut pas comparer, on me le dit souvent. Rien à foutre. Je compare. Les milliards d'euros ou de dollars pour soigner les plus riches, on va les trouver. Je n'en doute pas. On sera contents, notre gouvernement est là qui veille, on se fera pas emmerder, on n'aura que très peu de dommages collatéraux, je suis toujours pas médecin, mais je dirais, à la louche, autant que ce que ferait une grosse bonne grippe… Mais je peux me tromper, forcément, je suis pas médecin…
N'empêche. Dans l'hémisphère nord, aux dernières nouvelles et selon le dernier rapport de l'OMS, la grippe a tué 4.735 personnes. Je suis désolée pour elles, et bien sûr que ça me ferait souffrir si c'était l'un de mes proches qui était touché. Bien sûr, j'ai un cœur tout de même.
En France, il y en a pour le moment moins de dix mais les rapports les plus alarmistes prédisent plus de 30 000 morts.
N'empêche. Le traitement des 19 millions d’enfants les plus gravement malnutris nécessiterait moins de 3 milliards d’euros par an.
Et où qu'ils sont les gosses les plus malnutris? En France? Dans l'hémisphère Nord? Oui, il y en a, c'est vrai, mais on sait bien que c'est dans ce qu'on nomme pudiquement les pays en voie de développement que vivent la plupart de ces crève-la-faim…
CQFD
A part ça, je n'arrive plus à écrire.
Je me demande bien pourquoi…
lundi 12 octobre 2009
Fleur de terre
vendredi 9 octobre 2009
Mes incroyables mais pas vrais, épisode 2
Harold est un monsieur bien sous tous rapports. Enfin, ça c'est une expression pour dire que c'est un homme comme il faut, parce que je dois bien vous le dire, je n'ai pas testé tous les rapports, mais c'est ce qu'on dit habituellement de lui.
Harold est informaticien dans une grande boîte installée dans un de ces grands immeubles de la proche banlieue parisienne. Apprécié de ses collègues, de ses supérieurs, de ses amis, de sa femme et de ses enfants aussi.
Harold est comme tout le monde, il a ses petits problèmes : une enfance plus ou moins lourde à digérer, des illusions en pagaille, un œdipe contrarié, un ou deux complexes, quelques phobies, deux ou trois manies, peut-être un TOC, et encore, ce n'est pas sûr…
Tous les vendredis, à 18 heures précises, Harold va chez son psy. Harold en est très content, il a l'impression de se libérer peu à peu, un nouveau monde rempli de possibilités nouvelles se dévoile depuis qu'il fait enfin attention à ce qu'il est ou veut vraiment et non plus à ce qu'on veut de lui ou à ce qu'on croit qu'il est.
Ce vendredi, comme tous les vendredis, Harold est chez son thérapeute.
- Docteur… Vous vous souvenez que la dernière fois nous avons parlé de l'inconscient ?
- Hum… Oui…
- Vous m'avez dit que l'inconscient se révélait au moyen des rêves, des actes manqués et des lapsus, c'est bien ça?
- Tout à fait…
- Du coup je me suis mis à faire attention à tout ça, j'ai bien envie moi de savoir ce que me dit mon inconscient !
- Oui… Poursuivez…
- Eh bien, figurez-vous que justement, hier soir, ma femme avait invité ses parents pour le repas…
- Oui?
- Et… je crois bien que j'en ai fait un, de lapsus, comme vous dites…
- …
- Nous étions donc en train de manger et, je me suis adressé à ma belle-mère…
- Oui?
- Ben… au lien de lui dire : "S'il vous plaît Anémone, pourriez-vous me passer la carafe de vin?" je lui ai dit : "Espèce de vieille connasse, tu m'as pourri la vie!"
- …
mercredi 7 octobre 2009
Bidonologie, séance n° 11
Pourquoi tant d'hommes ne savent pas faire l'amour ?
Parce que je ne peux pas être partout...
mardi 6 octobre 2009
What a lucky man he WAS
bonjour le jour
lundi 5 octobre 2009
Succulent jardin
samedi 3 octobre 2009
Elle a perdu ses chaussures
Elle n'a pas pris de bagages, elle n'en avait pas besoin.
Elle a roulé, avalé des kilomètres et des kilomètres
Elle ne savait pas où elle allait
La voiture, elle, devait le savoir
Elle s'est arrêtée une nuit devant la mer
La lune dans le ciel
Un casino bleu
Un clocher jaune
Des milliers de petites lumières sur la côte
Et dans le ciel...
Elle a enlevé ses chaussures
Elle a marché sur le sable
Elle est entrée dans l'eau
Ni froide, ni chaude
Juste la mer
Juste la mort
Juste la vie
Froide et chaude
Elle ne voulait rien
Elle voulait tout
Elle ne savait pas pourquoi elle avançait
Il le fallait
Elle ne voulait plus d'elle
Elle voulait vivre
Son pied a glissé
Assise dans l'eau soudain
Elle a crié, elle a pleuré
Elle a tapé sur l'eau avec son poing
Comme une enfant
Larmes de mer
Elle a entendu la vie sur le rivage
Elle s'est retournée
Elle a eu honte
Elle aurait voulu disparaître
Elle avait honte
Elle n'a pas disparu
Elle s'est relevée avec sa honte
Elle a jeté ses souffrances au loin
Elle a demandé à la mer de les garder
Elle a rejoint la rive
Elle a rejoint la vie
Elle a perdu ses chaussures
jeudi 1 octobre 2009
Notre besoin de savoir est impossible à rassasier...
Ah, vous me connaissez, toujours en alerte, prête à répondre aux questions les plus existentielles...
Voilà donc le but ultime de ma quête du jour, trouver une réponse à cette question cruciale :
Est-ce que l'œuvre intégrale de Stig Dagerman vaut plus qu'une blague Carambar?
J'ai tout d'abord eu le réflexe de consulter saint Gougueule :
Et voici les deux seules réponses proposées :
- La blogothèque
- To Luna
C'était fort frustrant, vous en conviendrez comme moi...
J'ai failli me décourager, mais mon esprit scientifique a repris le dessus, j'ai alors interrogé les grands maîtres de la toile.
Tout d'abord, j'ai frappé à la porte d'Alice
... Ce n'était guère convaincant...
J'ai alors consulté la boule magique :
Fort déçue par cette impertinente réponse, j'ai questionné la mère supérieure, la boule de cristal :
J'ai fini, en désespoir de cause, par m'adresser à Dieu himself :
J'ai toujours pensé que Dieu était un chaud latin...
Chers lecteurs, vous ne pouvez pas me laisser dans cette cruelle incertitude!
Je me tourne vers toi, ô lecteur chéri, apporte-moi ta lumière, donne-moi enfin la réponse à cette question lancinante et troublante qui n'a de cesse de me tourmenter depuis qu'un esprit malin est venu me la souffler à l'oreille :
Est-ce que l'œuvre intégrale de Stig Dagerman vaut plus qu'une blague Carambar ?











