mardi 3 novembre 2009
Pour vous, c'est quoi être français?
Ce matin, dans ma boîte aux lettres, j'ai trouvé un prospectus.
Un bout de papier jaune avec la tête d'un homme au sourire impeccable et à la mise soignée. J'ai regardé d'un peu plus près. En vrac s'étalaient devant mes yeux des bijoux cassés, une croix, des bagues, des pièces, des lingots, et puis, et là mes poils se sont dressés sur mes bras, il y avait parmi tout cet étalage indécent des dents en or… Très vite, ça m'a mise mal à l'aise. Comme des relents de seconde guerre mondiale, j'ai revu les tas de chaussures, les cheveux pour les perruques, les bijoux d'un côté, l'or des dents de l'autre… J'ai mal au cœur rien que d'écrire cela, un air de dégoût sur le visage, comme si j'allais vomir…
J'imagine ces hommes et ces femmes, ceux à qui il ne reste plus rien pour vivre, qui vont dépouiller pépé et mémé, qui vont abandonner dans les mains de l'usurier l'alliance de mariage, la bague de l'arrière grand-mère, les dents de Papy qui de toutes façons n'en a plus besoin pour boire son bouillon…
C'est quoi être français, aujourd'hui?
- C'est entendre que la France est le pays des droits de l’Homme, de la générosité, de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, de la laïcité et constater chaque jour un peu plus que ces mots sont devenus des coquilles vides.
- C'est assister à la débandade des services publics.
- C'est savoir le chômage qui progresse, les prisons qui débordent, la misère, l'alcoolisme, les charters qui se remplissent, la précarité et le bouclier fiscal aussi.
- C'est réaliser que les soins sont de plus en plus déremboursés, que la médecine a au moins deux vitesses.
- C'est observer progressivement les valeurs républicaines qu'on assassine, la marchandisation de l'école, les subventions à la culture qui se réduisent, l'art moderne gonflé de prétention qui s'affiche honteusement et glorifie la forme au détriment du fond et tous ces mômes qu'on envoie à l'abattoir…
- C'est…
C'est quoi être français, aujourd'hui?
C'est continuer à croire que la lutte des classes c'est du passé, un truc ringard pour les vieux, nous sommes tellement modernes ...
C'est finir par croire que la gauche et la droite c'est la même chose, que le syndicalisme est mort, que les politiques sont tous pourris...
C'est soigner son corps avant tout, penser bio, adorer Hulot, et laisser se développer tout ce qui porte atteinte à l'humanité encore plus brutalement.
C'est s'évader le plus possible dans des lectures, des voyages, des films préfabriqués pour oublier que nous nous faisons enculer.
C'est être persuadé que nous sommes rebelles quand nous disons la même chose que tous les autres opprimés, et se satisfaire de cela, parce que c'est tout ce que nous croyons pouvoir faire, gueuler ensemble comme des gentils moutons.
C'est cesser de croire que c'est nous qui décidons ce que c'est qu'être français.
C'est laisser ce pouvoir dans les mains de ceux qui, après nous avoir pris nos bijoux de famille, sauront toujours par quoi nous tenir…
C'est quoi être français, aujourd'hui?
C'est être persuadé que pour vivre heureux, il faut savoir fermer les yeux.
C'est avoir des rêves étriqués, des rêves individualistes, des rêves formatés.
C'est oublier le passé.
C'est craindre l'avenir.
C'est supporter le présent.
Et laisser mourir à petit feu la flamme de la révolte.
vendredi 16 octobre 2009
N'empêche...
Je trouve que c'est normal que les mecs s'organisent pour préparer la gestion de la grippe A, il me semble que si j'étais au gouvernement, j'en ferais autant, histoire de pas me faire lapider ensuite par ceux qui ont voté pour moi et qui auraient tôt fait de me conspuer si j'avais minimisé le risque.
Bien, ça c'est dit.
N'empêche…
Au jour d'aujourd'hui, comme on s'autorise à le dire, on suppose que cette grippe pourrait toucher 20 pour 100 des français, elle a déjà coûté plus de 1,5 milliards d'euros.
C'est beaucoup 1,5 milliards d'euros. Et c'est peut-être trop peu, je n'en sais rien, je ne suis pas médecin. Peut-être faut-il vacciner les personnes à risque puisque c'est ce qu'on nous dit, je ne vois pas de raisons a priori de ne pas le croire, malgré mon esprit parfois acide je ne suis pas fan des diverses thèses du grand complot. Oui, les labos vont s'en mettre plein les poches. Et alors? C'est pas déjà ce qu'ils font?
C'est beaucoup quand même au regard de ce qu'on pourrait faire avec cette somme.
Pas moins de 10 millions d'enfants meurent chaque année dans le monde, et on estime à 6 millions le nombre d'entre eux qui pourrait être sauvé par un simple traitement médical et des mesures de prévention basiques. C'est pas moi qui le dit. C'est des types qu'essaient de sauver des gosses qui crèvent dans des pays dont on n'a pas vraiment envie de parler. Ces types, ils disent que le traitement des 19 millions d’enfants les plus gravement malnutris nécessiterait moins de 3 milliards d’euros par an.
Avec ce que vient de débourser la France, on aurait pu en sauver presque 10… Millions…
Je sais bien, faut pas comparer, on me le dit souvent. Rien à foutre. Je compare. Les milliards d'euros ou de dollars pour soigner les plus riches, on va les trouver. Je n'en doute pas. On sera contents, notre gouvernement est là qui veille, on se fera pas emmerder, on n'aura que très peu de dommages collatéraux, je suis toujours pas médecin, mais je dirais, à la louche, autant que ce que ferait une grosse bonne grippe… Mais je peux me tromper, forcément, je suis pas médecin…
N'empêche. Dans l'hémisphère nord, aux dernières nouvelles et selon le dernier rapport de l'OMS, la grippe a tué 4.735 personnes. Je suis désolée pour elles, et bien sûr que ça me ferait souffrir si c'était l'un de mes proches qui était touché. Bien sûr, j'ai un cœur tout de même.
En France, il y en a pour le moment moins de dix mais les rapports les plus alarmistes prédisent plus de 30 000 morts.
N'empêche. Le traitement des 19 millions d’enfants les plus gravement malnutris nécessiterait moins de 3 milliards d’euros par an.
Et où qu'ils sont les gosses les plus malnutris? En France? Dans l'hémisphère Nord? Oui, il y en a, c'est vrai, mais on sait bien que c'est dans ce qu'on nomme pudiquement les pays en voie de développement que vivent la plupart de ces crève-la-faim…
CQFD
A part ça, je n'arrive plus à écrire.
Je me demande bien pourquoi…
mardi 30 juin 2009
A poil les curés ! A poil les bonnes soeurs !
Je n’en peux plus de voir tous ces curés en soutane… J’ai mal pour eux. C’est insupportable ! Avec cette canicule en plus, ils doivent crever de chaud sous leur robe… Non, il faut faire quelque chose pour ces pauvres hommes, nous ne pouvons pas tolérer cela plus longtemps. Je propose de faire une loi pour interdire le port de la soutane. Je ne vois pas d’autre solution, il en va de notre dignité et de notre humanité. Et puis, je peux bien vous le dire, vous avez l’habitude de mon indécence n’est-ce pas ? Ils m’excitent moi, ces curés dans leurs uniformes, ce sont de vrais attentats à ma pudeur, je meurs d’envie de les déshabiller… ce ne serait pas très chrétien…
Je n’en peux plus de voir ces religieuses avec leurs robes, leurs voiles et leurs collants hideux. Quel manque cruel de goût ! Toujours en gris, en noir, parfois elles mettent même des chaussettes dans leurs sandales ! Il faut réagir ! Nous ne pouvons pas tolérer que ces pauvres femmes continuent à porter des vêtements si démodés ! Soyons charitables ! Pensons aux regards plein de mépris qu’elles doivent endurer alors que ce sont des femmes comme les autres ! Elles aussi ont le droit de bénéficier des avancées de la science et de l’Histoire, pourquoi ne porteraient-elles pas des mini jupes et des talons aiguille, comme tout le monde ? Non, il faut faire quelque chose pour ces pauvres femmes, nous ne pouvons pas tolérer cela plus longtemps. Je propose de faire également une loi pour interdire le port de la panoplie de religieuse.
Je n’en peux plus de voir ces hommes et ces femmes qui souffrent.
On est en 2009 tout de même !
Est-ce qu’on va tolérer cela ?
Des hommes et des femmes qui vivent comme au Moyen Age ?
Ah oui, ils disent qu’ils l’ont choisi… Qu’est-ce que vous en savez d’abord ? N’est-ce pas plutôt le poids de leur tradition familiale, ou l’embrigadement sournois de leur entourage extrémiste ? Ou, pire, une provocation que nous ne saurions supporter ?
Non, il faut absolument venir au secours de ces pauvres gens, seigneur pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font…
Comment ça, vous dites que leur interdire de s’habiller ainsi serait les stigmatiser ? Mais pourquoi donc ? Ils y arrivent bien tout seuls, non ?
Comment donc, vous dites que nous n’avons pas à leur imposer notre vision occidentale et moderne de la vie ? Mais pourquoi cela ? Ne sommes-nous pas les maîtres du monde ? N’avons-nous pas mille fois prouvé que notre culture dépasse largement toutes les autres ? Ce serait bien cruel que de ne pas l’imposer à ces dégénérés qui croient encore que le salut de leur âme repose ailleurs que dans la consommation.
Vous trouvez que j’exagère ? Que je caricature ?
Vous avez sans doute raison…
Je suis en colère.
Je n’aime pas les débats stériles.
Bien sûr que le port de la Burkha est une atteinte à la liberté de la femme, mais ne posons pas le débat en ces termes, ne disons pas : vous êtes pour ou contre ? Cette manière de débattre est contre productive, elle dresse les uns contre les autres, elle stigmatise une religion bien qu'elle s'en défende, et, surtout, elle évite de penser au reste, aux sujets qui fâchent et dont en haut lieu on voudrait bien que le bon peuple ne parle pas. Un conseiller en comm a dû dire un truc du genre: tiens, si on leur filait un petit coup de burkha, histoire de les occuper un moment pendant qu’on passe en force … (là, vous mettez ce que vous voulez, l’âge du départ à la retraite par exemple…).
Entendez-moi bien : je ne dis pas qu’il ne faut pas en parler, je dis simplement qu’il faut se méfier des os qu’on nous donne à ronger pour nous occuper. On est bien contents de hurler entre nous, on se congratule, ouais, on est super laïques, super tolérants, super démocrates, j’en passe et des meilleures.
Je ne dis pas qu’il ne faut pas en parler. Je dis juste qu’il serait bon de se demander, avant de nous entre-tuer, pourquoi on nous donne justement cet os-là à ronger…
Oh, nous sommes entre nous, gens intelligents, pas un de nous n’irait penser qu’interdire la burkha c’est pointer du doigt l’Islam, nous, nous savons bien que cette religion est tolérante et que le port de cet habit honteux est le fait de quelques extrémistes.
Il paraît que nous sommes intelligents.
Il paraît que d’autres le sont un peu moins. Il paraît même que certains sont capables de confondre arabes et musulmans, burkha et voile aussi, il paraît.
Vous trouvez que j’exagère ?
J’aimerais bien.
dimanche 31 mai 2009
Ce n'est pas le tabac qui tue un fumeur sur deux.
Zébulon a sept ans, il vient tout juste d’entrer en CP. C’est un petit garçon charmant, enjoué, il adore faire des farces, a une passion monomaniaque pour les Pokémons, bref, un petit bonhomme bien dans sa vie. A l’école, il commence à apprendre à lire. C’est chouette. Tous ces signes qui lui semblaient étrangers commencent à s’organiser et à faire sens. Zébulon s’en réjouit. Il a toujours eu soif de curiosité, envie de tout savoir, de tout comprendre.
Mais depuis bientôt un mois, Zébulon inquiète sa maîtresse. Il ne veut plus lire. Il s’est isolé, ne joue plus avec personne, ne parle plus, ne sourit plus.
La maîtresse convoque alors ses parents. Ils ne comprennent pas ce qui se passe. Zébulon a changé, ce n’est plus le même enfant. Ils ne le reconnaissent plus. L’enseignante préconise le dialogue mais rien n’y fait : à peine le petit garçon passe-t-il les portes de la petite école qu’il se met à trembler. Il reste dans son coin et attend sa maman qui vient le chercher tous les jours à cinq heures. Dès qu’il la voit, il soupire de soulagement, lui adresse un lumineux sourire, la serre très très fort dans ses bras et ne lui lâche plus la main jusqu’à ce qu’ils arrivent à la maison.
Pourquoi Zébulon est-il si triste ?
Que s’est-il passé ?
Le papa de Zébulon l’emmène chez un spécialiste. Zébulon reste muet. Plusieurs séances. Jusqu’au jour où l’enfant remarque sur son bureau un paquet de cigarettes.
Le petit garçon demande alors : Toi aussi, tu vas mourir ?
Le spécialiste ne comprend pas. Il suit des yeux le regard de l’enfant et tombe sur l’encadré noir, sur ces mots en caractères gras sur fond blanc : « FUMER TUE ».
Il comprend. Il sait pourquoi l’enfant ne supporte plus de se séparer de sa mère…
C’est sans doute fort respectable de vouloir aider les fumeurs à se débarrasser de leur odieuse manie.
Mais ne le faisons pas n’importe comment.
On sait depuis longtemps que la peine de mort ne fait pas diminuer le nombre de crimes. Ce n’est pas parce que je lirai ces messages que je vais cesser de fumer. L’argument de la maladie n’est hélas pas pertinent, je le crains. Il renforce ma culpabilité, sans aucun doute, il me maintient dans l’image dévalorisante d’un individu égoïste mais il ne suffit pas à me faire arrêter de fumer. Je ne crois pas qu’il s’agisse là d’une bonne stratégie. On stigmatise les méchants fumeurs, on leur fait peur, on croit qu’on va les éclairer peut-être ? Croyez-vous vraiment qu’il me soit encore possible d’ignorer les méfaits du tabac ? J’ai entendu ce jour à la radio un tabacologue qui disait que la nouvelle campagne servirait à faire réagir les fumeurs, en voyant les images sur les paquets, ils prendraient enfin conscience de ce qu’ils risquent.
Je ne le crois pas.
Plus je me sens coupable, plus je fume.
Plus j’ai peur, plus je fume…
Je suis probablement trop cynique mais il me semble que si le gouvernement souhaitait vraiment que le nombre de fumeurs diminue, il s’y prendrait autrement. Les culpabiliser tout en les bombardant de messages sanitaires (publicitaires ? non… vous n’y pensez pas…) les incitant à utiliser des remèdes aussi inefficaces et coûteux que les gommes, les patchs ou le Champix me paraît fort suspect…
Mais où serait donc l’intérêt ? Cette idée est certainement stupide… Sauf à considérer qu’en la matière, la neutralité n’existe pas et que les grands laboratoires pharmaceutiques font leur beurre de… Mais non, je m’égare…
C’est sans doute fort respectable de vouloir aider les fumeurs à se débarrasser de leur odieuse manie.
Mais ne le faisons pas n’importe comment.
Dans peu de temps, mon fils saura lire.
Ma fille ne sait pas lire.
Mais elle a des yeux et elle sait s’en servir.
Un cliché de dents cariées, l’image d’un malade sous assistance respiratoire, une énorme tumeur sanguinolente… Voici ce qu’elle verra demain.
Comment donc ?
Je me soucie de la santé psychologique de mes enfants moi qui ose encore affirmer que je suis fumeuse ?
Oui, je m’en soucie.
Oui, ça me fait peur.
Est-ce pour cela que je vais arrêter de fumer ?
Non.
C’est pour cela que je mettrai mes cigarettes dans une boîte sans étiquettes et sans photos.
Décidément, les fumeurs sont bien égoïstes, voyez-donc, on dépense tant et plus pour qu’ils décrochent enfin et ils trouvent encore le moyen de se plaindre….
C’est sans doute fort respectable de vouloir aider les fumeurs à se débarrasser de leur odieuse manie.
Mais ne le faisons pas n’importe comment.
Ni à n’importe quel prix.
Pour ceux que le sujet intéresse : un air neuf
mercredi 13 mai 2009
Quel europérien êtes-vous ?
Il serait temps que je me pose la question…
Claudio l’a posée sur son blog, ou plus exactement il a demandé : Et vous ? Pour qui voterez-vous le 07 juin ?
J’ai répondu en commentaire : Je vais voter, c'est certain. Pour qui? Je ne crois pas avoir jamais voté pour une personne...
Et c’est vrai. Je ne vote pas pour une personne mais pour des idées.
Oh, je ne suis pas si naïve que vous le pensez, je sais bien que c’est un homme ou une femme qu’on élit.
N’empêche, ce n’est pas pour un homme ou une femme que je donne mon vote, c’est pour ce qu’ils représentent.
Et quand ils ne représentent rien ?
Et quand je ne trouve personne pour représenter mes idées ?
Je vote blanc.
C’est ce que j’ai fait la dernière fois que j’ai voté.
Impossible de voter pour Royal, encore moins pour ses idées.
Je suis fatiguée de voter pour des marionnettes. Pour des pantins qui ont mis des habits d’idées, qui retournent leurs vestes en fonction de l’air du temps.
Les français ont la mémoire courte.
La preuve, ils ont élu Sarko, ou Juppé, ou Tiberi, ou…
Ne croyez pas que je ne tire que sur les « hommes » de droite.
Ceux de gauche sont pires. Ils m’ont trahie.
Quand je pense que Val devient président de France-Inter.
Qu’est-ce que j’ai pu admirer ce mec…
Et que c’est dur les lendemains qui déchantent.
Comment peut-on encore être militant aujourd’hui ?
Je n’y arrive pas.
Ils ont tué la gauche.
Pas seulement Jaurès.
Et nous aussi, nous avons tué la gauche en laissant faire, nous qui n’avons rien dit, qui avons laissé des arrivistes oublier les idéaux qui nous avaient poussé à les élire.
Pour qui vais-je bien voter ? Pour quoi ?
Pour les moins pires ?
Pour ceux qui ont le plus de chance de l’emporter ?
Parce que c’est cela qui se joue maintenant, depuis avril 2002.
On ne vote plus pour celui qui porte nos valeurs, on vote pour celui qui a le plus de chance de gagner, celui qui est le plus proche de ce que l’on pense, le moins loin, on vote du bout des doigts avec une pince à linge sur le nez.
On ne veut pas perdre, on veut pouvoir faire péter le champagne parce que… On a gagné… On a gagné… Alors pourquoi pas voter pour celui qui a le plus de chance de l’emporter ? Hein, nous aussi on a droit au bonheur, on a le droit de défiler sur les champs ou de klaxonner dans la rue…
Je ne peux pas faire ça.
Je ne peux pas voter pour Royal, je n’ai pas pu. Malgré ce que me disaient mes amis comme quoi il fallait faire barrage à Sarko, qu’il fallait voter utile.
Je ne peux pas voter pour une personne qui représente une politique que je méprise, même si elle est moins pire qu’une autre.
Allez, je peux bien vous le dire, si je n’avais pas voté blanc, j’aurais voté Sarko.
Et quand il a gagné, je me suis dit que c’était mieux que ce soit lui.
Parce que peut-être, enfin, la gauche se réveillerait…
Je me suis trompée.
Pour quel parti vais-je bien pouvoir voter ?
Pourrais-je sans honte voter pour quelqu’un qui se présente à cette élection alors que je fais partie de ceux qui ont dit non, en majorité ? Et n’ont pas été entendus…
Je parcours les blogs, je lis les prises de position et j’admire ceux qui arrivent à se reconnaître dans un parti, j’envie les enthousiasmes, même modérés.
J’ai trouvé deux tests.
Le premier me semble assez sommaire et peu convaincant. Dix questions, cela ne me paraît pas suffisant. Pour être nationaliste euroseptique, il suffit d’indiquer que l’on est résolument contre l’aide au secteur automobile et contre la privatisation de la poste. J’exagère à peine…
Si vous voulez faire le test, c’est là.
Et voilà ce que ça a donné pour moi :
Un autre test, un peu plus sérieux à mon avis, est proposé ici.
Voilà ce que ça donne pour moi :


Il semblerait que le parti dont je sois la plus proche soit le MRC. Jamais voté pour Chevènement pourtant, je me souviens même avoir tout fait pour en dissuader mon homme usant d’arguments parfois perfides mais visiblement convaincants, puisqu’il y a renoncé. Faut dire qu’il avait fait ce qu’il fallait pour séduire les profs…
Par curiosité, j’ai regardé quelles étaient mes accointances avec les autres partis. Il se trouve que je partagerais donc 50 pour cent de mes idées sur l’Europe avec le FN…
Je suis mal barrée…
Je ne sais pas ce que je vais voter.
Parce que je vais voter, oui, par principe, c’est peut-être idiot les principes, mais j’y tiens à celui-là, à ceux qui sont morts pour que nous ayons ce droit-là (pleurez-pas ce sera mon seul argument facile), à mes rêves et à mes utopies, à l’idée que le pouvoir est dans les urnes et qu’il faut s’en servir nom de dieu !
Parce que si, à cela nous renonçons, que nous restera-t-il à part la révolte ?
A part le sang et les bombes ?
Je vais voter parce que je ne laisserai pas une poignée d’individus décider à ma place.
Je vais voter parce que je crois encore à la démocratie, même moribonde.
Je vais voter parce que je ne peux pas renoncer.
Je vais voter par fidélité à ceux qui veulent encore changer le monde.
Je vais voter parce que je veux croire encore qu’un bout de papier vaut plus qu’un fusil.
jeudi 2 avril 2009
"Donnons, mais donnons bien"...
Je ne donne pas pour le sidaction, j'ai pas le sida...
Vous n'avez jamais pensé ça? Moi si...
Il y a des milliers de publicités qui me font hérisser le poil. Au mieux. En ce moment, je pense que si l'on pouvait tuer à distance, y'a deux blaireaux de la Matmut qui seraient morts depuis longtemps.
Je me souviens de ce spot radiophonique, qui revient régulièrement sur France-Inter, pour la Fondation de France. Le principe c'est de reprendre des clichés, genre je ne donne pas si je n'ai pas confiance, je ne donne pas quand on essaie de me faire pleurer, j'en passe et des meilleures... Ouais, la pub ça doit être glamour... Je me souviens d'une BD de Boucq, La dérisoire effervescence des comprimés, dans laquelle il avait imaginé des publicitaires qui décidaient de transformer en schtroumpfs des personnes qui crevaient de faim - les P-C-T-L-F (populations cruellement touchées par la famine)- à cause du désintérêt du public pour les causes humanitaires. On voyait la pub, avec les crevards repeints en bleus et affublés de bonnets blancs. Terrible...
Elle est atroce cette pub pour la fondation de France, quelles que soient les raisons pour lesquelles ils sont hélas obligés d'en passer par là. Parce que ceux qui témoignent finissent par dire pourquoi ils donnent.
"Je donne parce que ça me fait plaisir"...
Bordel de merde... Faut que ça nous fasse plaisir de donner, sinon, ben on donnera pas. Alors arrêtez un peu de vous culpabiliser les mecs, nous, à la Fondation de France, on va vous donner envie de donner. Vous ne donnerez plus pour rien, c'est pas gratuit de donner, c'est pas juste un geste généreux ou altruiste, non, non, faut que ça rapporte.
J'ai envie de vous en donner, moi, du plaisir...

mardi 31 mars 2009
Le roi "Oreille", 2
Suite et fin du conte qui a bercé mon enfance.
lundi 30 mars 2009
Le roi "Oreille"
Il a bercé mon enfance.
Rien de nouveau sous le soleil...
La suite, demain.
lundi 9 mars 2009
...
Lundi 9 mars 2009
Dans une interview accordée au Parisien - Aujourd'hui-en-France de lundi, Yves Jégo, le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer appelle à une sortie de crise rapide à la Martinique. Il dénonce également les propos d'Elie Domota contre les patrons en Guadeloupe. Le leader du LKP a déclenché une polémique en affirmant que les entrepreneurs qui refuseraient d'appliquer l'accord d'augmentation de 200 euros sur les bas salaire devraient «quitter» l'ile et qu'il ne «laisser(ait) pas une bande de békés rétablir l'esclavage».
Yves Jégo hausse le ton et estime qu'«il y a eu un dérapage inadmissible. Quelle que soit l'intensité d'un conflit social, dire à une population "faites ça ou partez" n'est évidemment pas acceptable. Il faut que chacun revienne à l'esprit républicain», explique le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer.
source : leparisien.fr
Mardi 08 mars 2009
Guaino comdamne Domota
"Toute incitation à la violence, à la haine raciale" et "tout usage de la force" sont "inacceptables" et doivent être condamnés, a commenté dimanche le conseiller spécial du président de la République Henri Guaino à propos de la Guadeloupe. Interrogé sur Radio-J au sujet de l'enquête judiciaire pour provocation à la haine raciale visant des propos tenus par Elie Domota, le leader du collectif LKP guadeloupéen, Henri Guaino a refusé de se prononcer directement sur le fond de cette question, renvoyant la décision à la justice.
"Je trouve qu'il y a des propos qui ont été échangés de part et d'autre dans cette affaire, en Guadeloupe et en Martinique comme ailleurs, qui ne sont pas digne d'une République comme la nôtre et qui s'apparentent à une approche raciale des problèmes", a-t-il observé.
source : lefigaro.fr
Avril 2006
«Nous en avons plus qu'assez de devoir en permanence avoir le sentiment de s'excuser d'être Français, a lancé le ministre de l'Intérieur. D'ailleurs, si certains se sentent gênés d'être en France, je le dis avec un sourire mais aussi avec fermeté, qu'ils ne se gênent pas pour quitter un pays qu'ils n'aiment pas, parce que nous, notre pays, nous l'aimons!»
Nicolas Sarkozy.
A revoir, en images :
Discours du président au sourire ferme
Émission " à vous de juger", avril 2006
vendredi 28 novembre 2008
Pour le dernier chant du Champix
Ce n’est pas un sujet très Youpi, mais c’est important, c’est pour cela que je le fais.
Depuis que j’ai parlé du Champix sur mon bolg, un nombre non négligeable de lecteurs tombe par hasard ici, espérant peut-être y trouver des informations sur ce médicament.
Jusqu’ici, pour ne pas lui faire de publicité, je l’ai affublé de divers pseudos. Mais c’est fini.
Le Champix, des laboratoires Pfizer, est un médicament dangereux.
Si vous en avez pris, si vous avez eu des effets secondaires indésirables, il faut le signaler à votre médecin et lui demander de faire un rapport de pharmacovigilance, c’est important. Si personne ne dit rien, le produit continuera à être administré et je suis persuadée que cela peut être dangereux.
Je vous explique, amis lecteurs from google.
Lorsque mon médecin m’a prescrit du Champix pour arrêter de fumer, en août 2008, je me suis dit que je n’avais rien à perdre, j’avais essayé plusieurs autres méthodes sans succès. Allons-y. Je suis cependant du genre à me méfier des médicaments, non que je juge qu’ils sont tous condamnables, bien au contraire, mais je suis d’un naturel méfiant… Je vais me renseigner sur internet, je parcours les forums, je lis des articles de journaux et je me rends rapidement compte que ce médicament est décrié, on l’accuse à plusieurs reprises d’être à l’origine de suicides et de dépressions sévères. J’en prends bonne note et je me dis : à moi, ça n’arrivera pas. Je crois que si je me mets à déprimer, je vais m’en rendre compte et donc arrêter le traitement, et puis pour ce qui est de l’envie de mettre fin à mes jours, je la trouve complètement stupide, ce n’est pas le genre d’idées qui me traversent l’esprit et je n’ai aucune raison de le faire. Rassurée donc.
Je commence le traitement. Il faut savoir que quand on prend du Champix , les quinze premiers jours, on n’est pas obligé de s’arrêter de fumer. Progressivement, on perd l’envie. Et c’est assez génial. Quand on a déjà essayé d’arrêter de fumer à plusieurs reprises, on connaît ces affreuses envies contre lesquelles il faut lutter (je sais depuis que ce n’est pas ainsi qu’il faut lutter, que le mot lutter d’ailleurs ne convient pas, allez voir là, vous comprendrez), c’est une torture. Là, aucune torture. De moins en moins d’envie de fumer. Cool. Tranquille. Oh, le délicieux médicament miracle, voyez comme je suis forte, je fume de moins en moins et ça fait même pas mal !
En même temps, petit à petit, une hypersensibilité qui se développe. Forcément, je m’en rends compte. Et je me dis que c’est normal, je n’accuse pas le Champix de ma modification d’humeur, j’accuse la cigarette. Ma cigarette est une béquille, elle l’a toujours été. Un truc qui régule mes émotions. Supprimer cette béquille, c’est leur laisser libre cours.
Je continue donc à prendre les médicaments. Et je vais de plus en plus mal. Mon entourage s’en rend compte et me conseille d’arrêter le Champix. Mais moi je m’accroche, j’ai envie d’arrêter de fumer, je ne peux pas laisser tomber. J’ai de plus en plus d’idées noires, une horreur grandissante à l’idée de retourner au travail, une agressivité qui enfle. Plus ça va, moins je me reconnais. Jusqu’au jour où me traverse l’envie fulgurante et irrépressible de jeter ma voiture contre un mur. Je freine à temps. L’espace d’un instant, j’ai été incapable de lutter contre cette idée impérieuse et odieuse. Je ne suis plus moi. Je ne m’obéis plus. Je croyais que mon bon sens suffirait à lutter contre les envies suicidaires, je me disais qu’un suicide ça se prépare et je me voyais mal organiser tout cela. Mais contre ces fulgurances, je ne peux rien. Je ne suis pas assez forte.
Je vais chez mon médecin, il me conseille de continuer le Champix parce que c’est pas bien de fumer, et il me prescrit des antidépresseurs. J’ai arrêté le Champix de moi-même, je n’ai pas pris les antidépresseurs.
Trois mois sont passés. Les idées noires ne sont pas parties. Difficile d’accuser le Champix. Cette semaine, j’ai rencontré un psy qui m’a dit qu’on devrait retirer ce médicament du marché car il est à l’origine de sévères dépressions, j’ai lu aussi cet article du docteur Vincent grâce à cet autre article chez un air neuf. Je ne sais pas trop quoi en penser. Je crois que c’est peut-être trop simple d’accuser un médicament, il me semble que cette dépression couvait depuis plus longtemps. Sans doute, ce médicament a-t-il été le catalyseur, ou le révélateur de quelque chose de plus profond et qui n’était pas remonté à la surface. Serait-il resté caché sans Champix ? Je n’en sais rien du tout.
Je sais que le simple fait d’arrêter de fumer provoque des dépressions, je me dis parfois que ce qui a déclenché l’expression de mes symptômes c’est le fait de vouloir cesser de fumer. Il y a quand même un hic. C’est que je n’ai jamais arrêté de fumer. Même sous Champix, j’ai continué à fumer. Moins, c’est vrai, mais je n’ai jamais été sevrée.
Je n’ai pas de réponses tranchées sur le sujet, et ce n’est pas cela qui m’importe en ce moment. J’ai d’autres questions plus importantes à résoudre, et un chemin à retrouver.
J’ai tenu à écrire ce billet, pour témoigner de mon expérience à d’éventuels lecteurs qui seraient tentés de prendre ce médicament pour arrêter de fumer.
Réfléchissez bien.
Moi aussi je croyais que je saurais détecter les signes, je me sentais bien dans ma vie, je n’aurais jamais cru pouvoir un jour me retirer ainsi de moi et du monde.
Ne prenez pas le risque.
Si je n’avais pas été bien entourée, si j’avais fait confiance non à mes amis et à mon bon sens mais à mon médecin, j’aurais continué à prendre du Champix.
Et je ne suis pas sûre que je serais encore là pour en parler.
A tous ceux qui seraient victimes d'effets indésirables dûs au Champix ou qui souhaitent avoir des informations, je vous invite à consulter la catégorie "Champix" du blog un air neuf.
Pour connaître la liste des centres de pharmacovigilance ou avoir accès à la fiche de déclaration d'effet indésirable (à remplir et à porter à votre médecin car il est le seul à avoir autorité à le faire), je vous invite également à consulter ce billet sur le site d'un air neuf.
Je vous invite également à consulter le communiqué de presse de l'Afssaps, il est hélas édifiant ainsi que le site des médecins indépendants, le Formindep : http://www.formindep.org




