mercredi 2 décembre 2009
Les mozotistes (Forget Me Not)
C'était il y a un an, jour pour jour.
J'entrais pour la première fois là-bas, avec ma petite valise et mes doutes sous le bras.
Là-bas, il y avait des personnes comme toi et moi.
Oui, comme toi aussi.
J'ai compté les carreaux, les arbres, les fenêtres et les jours aussi.
Je ne crois pas que j'étais folle en y entrant.
Mais plus j'y suis restée, plus je le suis devenue aux yeux de la société, ou plutôt, plus j'ai perdu l'envie de revenir dans un monde extérieur qui me semblait mille fois plus délirant que la petite structure fermée dans laquelle je me trouvais.
Plusieurs expériences ont été menées par des adeptes de l'antipsychiatrie, celle qui m'a le plus impressionnée consistait à envoyer de faux patients (des étudiants volontaires) en HP avec pour seule consigne : "tout faire pour en sortir au plus vite". Bien sûr, dès que les premiers ont commencé à proclamer qu'ils n'étaient pas fous... je te laisse juste imaginer. Aucun d'entre eux n'est ressorti avant trois mois. Au cas où un jour tu te retrouverais dans la même situation, je te livre la solution la plus rapide pour sortir d'un HP quand on ne se croit pas malade mental.
1. Identifie un psy, jeune de préférence, et prêt à trouver "LE CAS" qui va soit lancer, soit relancer sa carrière.
2. Sois LE CAS. Sois vraiment un cas... Surtout, ne progresse pas trop vite, prends du temps, simule des crises, entends des voix, crie ou au contraire tais-toi, regarde ailleurs, surtout pas dans les yeux, fais le fou...
3. Petit à petit, deviens un gentil petit gars, bien dans la norme...
C'était il y a un an, jour pour jour.
J'entrais pour la première fois là-bas, avec ma petite valise et mes doutes sous le bras.
Là-bas, il y avait des personnes comme toi et moi.
Oui, comme toi aussi.
mardi 1 décembre 2009
Cornichon B
- Maman, tu préfères avoir un cornichon B ou une grippe A ?
C'est la blague préférée de mon fils, en ce moment.
Il y a quelques temps, je me posais encore la question. Vos commentaires avaient été constructifs, j'avais aimé cet échange, mais j'étais quand même bien emmerdée. Le complot, je n'y croyais pas, mais la philanthropie du ministère de la santé me laissait sceptique. Je ne suis pas médecin, ai-je dit plusieurs fois. Et les médecins ont un discours contradictoire sur la question, alors...
Mais je connais de bons médecins. Ou plutôt... des médecins bons...
J'ai fait mon choix.
jeudi 12 novembre 2009
"Et ça continue, encore et encore..."
Le jardin "zen" avance. Pas fini - le sera-t-il jamais?- mais chouette quand même, on s'y sent de mieux en mieux. Il manque encore pas mal de galets, un effet moucheté bleu foncé sur le bleu clair, et puis, même si on ne le voit pas là, une façade à crépipeindre (c'est une longue histoire, mais, pour faire bref, depuis que nous avons passé le béton du sol au karcher, le crépi des murs est tombé et il nous faut le refaire!). Et dire qu'en commençant les travaux début juillet, nous pensions que nous aurions fini quinze jours plus tard ! C'est beau d'être naïf! Si on avait su tout ça, on n'aurait sans doute jamais commencé !
Conclusion n°1 : Vive la naïveté !
Conclusion n°2 : Faudrait qu'on arrive un jour à en parler au passé !
Conclusion n°3 : En attendant, ça fait marrer les oiseaux qui s'envolent !
C'est que le début, d'accord, d'accord...
jeudi 5 novembre 2009
VIVAMUS
Vivamus mea Lesbia, atque amemus,
rumoresque senum severiorum
omnes unius aestimemus assis!
soles occidere et redire possunt:
nobis cum semel occidit brevis lux,
nox est perpetua una dormienda.
da mi basia mille, deinde centum,
dein mille altera, dein secunda centum,
deinde usque altera mille, deinde centum.
dein, cum milia multa fecerimus,
conturbabimus illa, ne sciamus,
aut ne quis malus inuidere possit,
cum tantum sciat esse basiorum.
Catulle, Carmina 5
mardi 6 octobre 2009
What a lucky man he WAS
bonjour le jour
lundi 5 octobre 2009
Succulent jardin
jeudi 1 octobre 2009
Notre besoin de savoir est impossible à rassasier...
Ah, vous me connaissez, toujours en alerte, prête à répondre aux questions les plus existentielles...
Voilà donc le but ultime de ma quête du jour, trouver une réponse à cette question cruciale :
Est-ce que l'œuvre intégrale de Stig Dagerman vaut plus qu'une blague Carambar?
J'ai tout d'abord eu le réflexe de consulter saint Gougueule :
Et voici les deux seules réponses proposées :
- La blogothèque
- To Luna
C'était fort frustrant, vous en conviendrez comme moi...
J'ai failli me décourager, mais mon esprit scientifique a repris le dessus, j'ai alors interrogé les grands maîtres de la toile.
Tout d'abord, j'ai frappé à la porte d'Alice
... Ce n'était guère convaincant...
J'ai alors consulté la boule magique :
Fort déçue par cette impertinente réponse, j'ai questionné la mère supérieure, la boule de cristal :
J'ai fini, en désespoir de cause, par m'adresser à Dieu himself :
J'ai toujours pensé que Dieu était un chaud latin...
Chers lecteurs, vous ne pouvez pas me laisser dans cette cruelle incertitude!
Je me tourne vers toi, ô lecteur chéri, apporte-moi ta lumière, donne-moi enfin la réponse à cette question lancinante et troublante qui n'a de cesse de me tourmenter depuis qu'un esprit malin est venu me la souffler à l'oreille :
Est-ce que l'œuvre intégrale de Stig Dagerman vaut plus qu'une blague Carambar ?
mardi 15 septembre 2009
Des nouvelles du jardin zen
Voici l'état actuel de notre jardin zen :
Voici la version que je préfère de la couleur que nous voulons mettre sur le béton :
Et en voici toutes les versions envisagées :








Et zen, me direz-vous ? Pourquoi zen?
Parce que :
"Les problèmes n'ont pas besoin d'être résolus : seul un mental agité en est la cause".(OSHO)
lundi 7 septembre 2009
Erreur fatale...
mercredi 2 septembre 2009
Heureux les innocents...
Deux mois que je n'ai pas écrit. Rien.
Deux mois que je suis. Bien.
Je me souviens, là-bas, ils m'avaient interdit d'écrire. Ils disaient que l'écriture était une névrose pour moi, un trouble obsessionnel compulsif.
J'écrivais parce que l'écriture était le seul lieu dans lequel j'étais vraiment moi.
Là-bas, ils disaient aussi que je fuyais la réalité.
Quand j'écrivais, j'étais hors du temps, hors de l'espace.
Mes mots m'emportaient là où le quotidien n'a pas de prise.
Je m'échappais.
Je me retrouvais.
J'arpentais des chemins merveilleux que même les mots peinent à dire.
Ils m'avaient interdit d'écrire.
Et moi, je ne vivais pas pour écrire, j'écrivais pour vivre.
Deux moi que je n'ai pas écrit. Rien.
Deux mois que je suis. Bien.
Il y a deux mois, ma Lilounette est malade. Je l'emmène voir le docteur. En l'examinant au stéthoscope, il lui découvre un souffle au cœur. Il fronce les sourcils et il dit : "Ce n'est sûrement pas grave du tout, mais il vaut mieux vérifier, je vais vous envoyer chez un cardiologue". Ce n'est sûrement pas grave du tout… Je suppose que c'est toujours ce qu'on entend d'abord quand… bref. Décontractez-vous qu'ils disent juste avant d'enfoncer l'aiguille… Le cardiologue est en vacances. Rendez-vous début septembre.
C'est aujourd'hui. Il lui fait un électrocardiogramme puis une échographie. Il ne dit rien, j'ai le temps de mourir cent fois mais je souris, je souris toujours pour faire la nique à la peur et à la mort. Et enfin : "Votre fille va bien, elle a un souffle au cœur mais c'est un souffle innocent, elle pourra vivre normalement".
Un souffle innocent…
Deux mois que je n'ai pas écrit. Rien.
Deux mois que je suis. Bien.
Et j'écris ce soir pourtant.
Pour déposer là les petits battements du cœur d'une enfant.
Pour remercier la vie.
Pour…
Qu'importe pourquoi.
Je suis ici et maintenant.
Si j'écris ce soir, c'est pour retenir le présent un peu plus longtemps.
Pour le retrouver plus tard et le vivre à nouveau par les mots.
Me souvenir de cette minute pendant laquelle j'aurais pu embrasser un cardiologue fougueusement tellement les simples mots qu'il m'a dits m'ont ramenée à la vie.
Me souvenir du temps où la réalité me fuyait parce qu'elle n'avait aucune prise sur moi.
Je n'étais pas. Comment atteindre ce qui n'est pas?
Deux mois. Moi et moi.
En route vers un je ne sais quoi qui n'est pas tout à fait moi mais qui me ressemble enfin…













