lundi 12 mai 2008
Quand la réalité dépasse la fiction
Ma réalité, c’est que nous avons peur de la réalité.
Nous avons mis nos manteaux de rêve, nous parcourons des mondes invisibles, nous buvons la rosée à même la fleur, nous chevauchons le vent, nous parlons aux coccinelles, nous rions aux étoiles…
Ma réalité, c’est que je nous ressemble.
Je ferme les yeux au monde.
La réalité avance malgré moi.
Si loin si proche
Si proche et si loin
Toujours eu envie d’être un personnage de roman, toujours eu envie de cette épaisseur que seuls les êtres de papier possèdent.
Amour des mots, toujours.
J’ai passé ma vie à lutter contre le réel, à accrocher des morceaux de rêves dans le cœur des hommes.
Les mots comme de petites bulles, coupées du monde.
Vous croyez qu’ils sont réels quand ils ne sont que la représentation déformée d’une réalité que nous sommes de toute façon incapables de saisir.
Et à quoi bon ?
Si la réalité est mouvante, si je peux la transformer sous mes doigts encore malhabiles…
Mon passé lui-même est instable, il s’efface, il prend soudain du relief, il n’a de sens que celui que je veux bien lui donner. Mon regard le change. J’ai promené le faisceau lumineux de l’amour sur mes douleurs, sur mes souffrances, sur mes errances et mes faiblesses. Désormais, elles ne seront que les rochers qui encombraient ma route, ces rochers qui m’ont fait tomber pour que je sache comment ne pas retomber. Ces rochers qu’il me faudra apprendre à aimer, malgré tout, puisque ce sont des morceaux de moi.
Envie d’être un personnage, des mots qui se promènent, envie d’être un livre dont je ne serais pas l’auteur.
Envie de me laisser guider, de suivre la trame narrative, toucher du doigt cette émotion que les écrivains et les poètes savent si bien capturer.
Et pouvoir la retrouver à chaque page de ma vie.
Je hais la trivialité.
J’ai si peur que la réalité ne nous rattrape.
C’est si tentant, c’est si facile pour elle.
Elle n’existe pas sans nous, elle ne se laissera pas faire. Elle te grignote à coups de dents de maladie, de formulaires sur ton bureau, de vaisselle dans ton évier, de factures dans ta boîte à lettres, de fumées d’échappement, de bulletins d’information, de sonneries, de chiffres, de mots creux et de nouvelle cravate…
C’est si facile.
Illustration d'Yves Barré du blog Ah oui
Mine de plomb et frottis de feuille de charme sur papier
dimanche 11 mai 2008
" As-tu essayé un pavé dans la mare ? "

Game Ovaire
Le fou s’est échappé
La chaise s’est renversée
Le poisson s’est suicidé
Game ovaire
Règles douloureuses
Barreaux branlants
Matrices orphelines
Game ovaire
Au jeu de la vie
Egalité sanglante
Noirs et blancs
Game ovaire
Echecs et maths
statistiques statiques
au goût de l’amer
Game ovaire
Une croix rose
Un enfant
Une fille
Un petit poisson dans la nasse des hommes.
Illustration d'Yves Barré sur le blog Ah oui
vendredi 9 mai 2008
De circonstance
mercredi 7 mai 2008
Le mangeur de couleurs
Est-ce un homme, est-ce une femme, je n’en sais rien.
Est-ce un rêveur, est-ce un poète, je ne le sais pas non plus.
Certains glissent à côté des couleurs de la vie, sans les voir
Lui, il les mange, sans rien dire.
Tu ne remarques rien,
Le ciel ne te paraît pas moins bleu,
Mon cœur ne te semble pas moins rouge,
Et l’or de l’œil du chat, il brille toujours autant !
Le vert de vin n’est pas vide…
La porcelaine rose des joues de l’enfant,
Le jaune de la pièce dans la petite main,
Le noir sous les ongles,
Le turquoise arraché aux îles endormies,
Le blanc de mes paroles,
Le sang de ta violence,
Tu ne remarques rien ?
Certains glissent à côté des couleurs de la vie, sans les voir,
Lui, il les mange, sans rien dire.
Si tu regardes à l’intérieur de lui,
Tu trouveras un jardin multicolore.
Glisse-lui dans le creux de l’oreille
Que tu sais les couleurs de son âme.
Regarde-le bien: il a peur.
S’il te plaît,
Fais-ça pour moi,
Montre-lui son vrai visage.
samedi 3 mai 2008
La maison d'Albert
jeudi 17 avril 2008
Peut-on peindre la mer en son entier ?
- - - -
lundi 31 mars 2008
Un cerisier dans le haïku ?
vendredi 14 mars 2008
Dans l'affaire de l'œuf et de la poule, le mystère s'épaissit...
Bon anniversaire à Yves, qui non seulement peint des poules mais va même jusqu'à les radiographier, on n'arrête pas le progrès !
lundi 31 décembre 2007
A l'arrivée
Le texte suivant est une illustration possible de cette image,
joyeusement piquée sur le blog d'Yves Ah oui !
Il est accoudé au comptoir, le peintre.
Il n’entend plus les bruits de la rue,
Il n’entend pas le flot incessant des paroles du patron,
Il n’entend pas non plus la porte qui s’ouvre bruyamment.
Il est comme collé au comptoir, le peintre.
Il imagine un comptoir humain, vivant, fait de tous ceux qui comme lui ont attendu.
Qu’est ce qu’ils ont attendu, au juste ?
L’oubli sans doute, la joie peut-être, tout simplement.
Le retour de la lumière.
Il n’a pas entendu la porte qui s’ouvre soudain.
Mais il a vu la stupeur sur le visage du patron.
Il se retourne :
Une mariée debout sur une bicyclette.
Cheveux noirs, ébouriffés, noirs,
Robe blanche, éblouissante, blanche,
Regard de braise, étincelles de furie,
Et le guidon qui essaie de se faire tout petit…
Elle n’a pas pu dire oui,
Elle s’en moque bien, ça se fête.
Ils se marieront bientôt,
Le peintre et Blanche, ou peut-être Jeanne, quelle importance...
Son ventre rond,
Et les petits qui lèvent déjà le nez du guidon,
Trois petits tours et
Ils s’en vont loin, très loin, encore plus loin.
Ils restent tous les deux,
Le peintre et Jeanne, ou peut-être Blanche, quelle importance…
Il caresse ses cheveux blancs,
Sa main descend vers son ventre
Jusqu’au nombril
Le cordon
Le fil de la vie
Coupé trop tôt
Jamais coupé
A l’arrivée.
A l’arrivée
samedi 8 décembre 2007
Le loup et la biche
LE LOUP ET LA BICHE
Les fleurs bleues aiment les fossés,
Les cobras sont charmés par les flûtes,
Les chèvres consolent les chevaux.
Parfois les chiens aiment les chats,
Parfois l’été aime le vent
Et les vers de terre les étoiles.
Un jour le loup aimera la biche.
N’y a-t-il pas des soleils de minuit ?
François DAVID
(Petits poèmes de l’amour
- Lo Païs / d’Enfance -)























