samedi 3 mai 2008
La maison d'Albert
vendredi 2 mai 2008
Mes incroyables mais vrais, épisode quinze
Pas de répit pour Padre Pio
Il est possible que vous ne connaissiez pas Padre Pio, il fait partie de mes souvenirs d’enfance, quand ma nonna parlait encore, quand je pouvais lui poser des questions, quand elle me répondait.
Padre Pio, c’est un bonhomme, un type vénéré dans toute l’Italie. Je vais vous la faire brève, je ne suis pas spécialiste, c’est un prêtre qui avait des stigmates, des plaies aux mains et aux pieds qui ont saigné toute sa vie. Dans ses visions il voyait satan et ses cosaques, on dit qu’il faisait de la lévitation, qu’il avait le don d’ubiquité aussi. De son vivant, il bénéficiait déjà d’une aura de saint et les foules venaient pour le voir, pour qu’il fasse des miracles. Il en aurait fait, beaucoup, y’a un ptit gars à la télé qui disait récemment que Padre Pio l’avait refait marcher, son témoignage était émouvant, bien sûr... Padre Pio a été canonisé en 1997, et à San Giovanni Rotondo, dans le nord des Pouilles, les marchands du temple font fortune. Depuis le 2 mars, la dépouille du saint y est exposée, avec un joli masque de cire à la place du visage décharné, faudrait pas non plus faire peur au bon chrétien. Drôle de mascarade qui attire pourtant des millions de pèlerins, bien plus qu’à Lourdes.
Monsieur et Madame Rosamonde n’allaient pas fort, pas bien fort du tout. Le couple battait de l’aile, ça causait divorce autour d'eux. Pas chez eux, bien sûr, pas chez eux. Un bon ami conseille au couple d’aller faire un pèlerinage à San Giovanni Rotondo, sur la tombe de Padre Pio. L’idée fait son chemin chez les Rosamonde, on est très pieux chez les Rosamonde. Si les Rosamonde ont décidé de s’installer en Bretagne, ce n’est pas pour rien. Saint Pierre lui-même serait apparu pour dire aux fidèles que cette région serait la seule à être épargnée au moment du jugement dernier. Les Rosamonde ont donc déménagé. D’autres amis, puis la famille toute entière opinent vigoureusement du chef : il FAUT aller dans la ville de Padre Pio, il FAUT croire au miracle.
Le couple fait donc ses valises.
Monsieur et Madame Rosamonde sont à la terrasse d’un café. Des mots en italien autour d’eux. Ils demandent au serveur de les photographier, ça fera un joli souvenir.
De retour à la maison, ils font développer les photos.
La photo sur la terrasse du café...
Ils sont bien là, tous les deux, avec leur regard de chien battu.
Monsieur se demande ce qu’il fait là, Madame espère peut-être encore, je n’en sais rien.
Au milieu d’eux, Padre Pio… Tout sourire.
- Monsieur et Madame Rosamonde, ils sont restés ensemble ?
- Non…
- Ils ont divorcé ?
- Non plus.
- …
- Madame Rosamonde a pris sa voiture et elle a foncé sur un chêne, à toute vitesse.
- Elle s’est suicidée ?
- C’est probable.
Pour ceux qui ont envie de voir un reportage pas très neutre avec des acteurs... convaincus? :
Pour ceux qui ont envie de voir un chanteur... convaincu? :
Pour ceux qui ont envie de voir leur vie changer (pas convaincue) :
jeudi 1 mai 2008
Preuve n°3
mercredi 30 avril 2008
Deux ans
Deux ans à vous écrire,
Deux ans à vous lire,
Deux ans à vous aimer.
Merci à tous !
Je suis en ce moment en voyage scolaire avec mes zozos préférés, mais, miracle de l'informatique, vous trouverez avant mon retour : une nouvelle preuve (jeudi), une histoire incroyable mais vraie qui a un rapport avec Padre Pio (vendredi) et pour finir, la maison d'Albert (samedi).
Pour ceux qui aiment se souvenir :
- 30 avril 2006 : "Une parenthèse", l'introduction au bolg
- 02 mai 2006 : "A quatre mains", le premier billet
- 22 septembre 2006 : "Haïku n° 8", le 100ème
- 01 avril 2007 : "Dix mois", le 200ème
- 09 octobre 2007 : "Une parenthèse en cadeau", le 300ème
Le 400ème devrait en principe pointer le bout de son nez au mois de mai.
A bientôt !
lundi 28 avril 2008
Pour m'endormir ce soir, il était une fois...
Il était une fois, dans une contrée encore plus lointaine, un pays qui finirait par « ie », une princesse malheureuse comme les pierres. On ne sait pas si les pierres sont malheureuses, c’est une expression pour dire que cette princesse était si triste qu’elle en avait perdu l’usage de la parole.
Son père le roi était inconsolable. Il avait bien sûr fait venir les plus grands médecins et je vous épargnerai les détails de leurs diagnostics tous plus abracadabrants les uns que les autres et surtout de leurs remèdes qui allaient du plus improbable, comme des larmes de hérisson, au plus onéreux comme du diamant des mines de Mamouaisie.
La famille de la forcément belle et forcément ravissante princesse n’avait plus aucun espoir mais un jour…
Un jour, un vieil homme à cheval franchit bruyamment les portes du palais. Il était vêtu tout de gris mais son chapeau pointu était orné d’une étoile multicolore qui projetait des spectres lumineux sur toutes les façades environnantes. On regardait le prodige avec crainte car à cette époque bénie on n’avait pas encore la star ac et les effets spéciaux ne faisaient pas partie du théâtre quotidien. Je m’égare…
Le vieil homme était donc en train de franchir les portes du palais et les gens se reculaient pour le laisser passer, pris de peur qu’ils étaient devant le miracle d’une technologie d’avant garde. Le personnage galopa ainsi jusqu’au trône royal non sans briser le protocole qui ne tolérait absolument pas que des animaux pénétrassent ainsi dans les appartements des souverains. Le roi était justement là, il fut surpris, mais pas trop. Il avait l’habitude de ces originaux qui tentaient de l’impressionner pour mieux pouvoir abuser de sa faiblesse.
En effet, le roi était un homme bon mais crédule comme tant de bons rois hélas. Mais les bons rois existent-ils?
- Mon nom est Aleximobar, dit avec assurance l’homme à l’étoile multicolore.
- Je t’écoute, répondit avec à propos le roi.
- Seigneur, je sais comment guérir votre fille !
Le roi fronça les sourcils, comme le lui avait habilement conseillé son coach en image. Le procédé devait faire comprendre à l’interlocuteur qu’il ne serait pas facile à berner. En cachette, tous les matins, le roi s’entraînait devant sa glace à froncer les sourcils, en pure perte hélas.
Aleximobar lui expliqua donc sans sourciller que sa fille souffrait d’un mal terrible, tellement terrible qu’on n’avait pas le droit d’en prononcer le nom sous peine de l’attraper aussitôt.
Seuls les fruits bleutés de l’arbre le plus petit au monde étaient capables de guérir la princesse…
Le roi fit venir ses plus grands savants et leur donna pour mission de dénicher le plus petit arbre du monde. De valeureux explorateurs furent rapidement envoyés vers le Japon, la patrie des bonsaïs. Ils finirent donc par débusquer le plus petit d’entre eux : c’était un érable du fleuve Amour, il mesurait à peine deux centimètres. Mais de fruits bleutés, il n’en avait point…
dimanche 27 avril 2008
Les lus
Melle Bille a proposé à ses lecteurs de piquer le morceau d'un de ses savoureux articles pour jouer avec. Le texte qui suit, c'est ma contribution à ce jeu.
D'autres lecteurs participent, je vous invite à leur rendre visite en cliquant sur les liens suivants :
Monsieurmonsieur, Le Président, Macaron , STV, Le roi Ubu , Ardalia , Zelda?
Les lus
"Tout le monde sait parfaitement que l'archiviste est un morceau de carton, un leurre destiné à nous faire croire qu'un érudit original hante encore les sous-sols de la bibliothèque."
Ce que vous ignorez peut-être, c’est que les livres eux-mêmes n’existent pas.
Du moins, pas encore…
Les livres qui reposent dans les sous-sols de la bibliothèque sont morts.
La poussière les recouvre, ils croulent sous le poids du néant, ils attendent qu’enfin quelqu’un les appelle, qu’une main inscrive leur nom sur une petite fiche.
Lorsqu'une main s’apprête à inscrire un nom sur le bout de carton, ça s’agite en bas.
Lorsqu'une main remplit une fiche, elle signe la résurrection d’un livre.
Un élu va sortir du néant !
Les pages des romans à l’eau de rose se mettent à frissonner doucement sous l’œil attendri des vieilles encyclopédies; les livres de cuisine se mettent à bouillonner, à petit feu pour commencer; la couverture des romans d’aventure se gonfle, épousant à s’y méprendre la forme d’une voile; les ouvrages de science-fiction se rematérialisent par morceaux; les pièces de théâtre se mettent à tousser pour s’éclaircir la voix; les personnages de bandes dessinées retournent dans leurs cases; les recueils de poésie ne mouftent pas, trop occupés qu’ils sont à rassembler leurs mots qui se sont éparpillés absolument partout; les cartes se redessinent, les lettres s’écrivent, les poèmes se disent, les pamphlets s’aiguisent…
Quelques dictionnaires snobent leurs congénères de papier, ils sont tellement persuadés de leur importance qu’ils se doivent de ne pas participer à ce début d’euphorie. On ne se méfiera jamais assez de l’œuf au riz, pensent-ils en secret, et ils se délectent presque amoureusement de leur jeu de mots.
Sous cette main, les pages vont vibrer à nouveau, grâce à cette main, les mots ressuscitent.
Lorsqu'une main remplit une fiche, elle ne sait rien du drame qui se joue en bas.
Que peut savoir une main ?
Des millions de candidats, un seul élu !
Vous allez me dire que c’est le principe même de la vie, qu’il n’y a pas de quoi dramatiser non plus, ce ne sont que des livres après tout !
Malheureux ! N’avez-vous donc pas compris que NOUS sommes ces livres ?
samedi 26 avril 2008
Mes incroyables mais vrais, épisode quatorze
Reine est au bord de la mer,
Juste à la frontière entre l’eau et la terre, entre la terre et la mer...
Là où l’étang touche presque la mer, là où la mer touche presque l’étang,
Reine marche sur la bande de terre.
Dans une flaque, un poisson est étendu le ventre à l’air.
Il suffoque, il se débat : l’eau manque.
La mer n’est pas loin.
Les pêcheurs non plus.
Reine prend le loup dans ses bras.
Il ne bouge plus.
Elle marche vers les eaux profondes avec le poisson dans ses mains.
Elle jette le loup à l’eau.
Il coule vers le fond, comme une pierre.
Il descend, il descend…
Reine le regarde.
Le loup touche le fond.
Un temps.
Il frémit puis il s’élance vers le loin.
Reine le voit s’éloigner.
Il se retourne soudain.
Il regagne le bord.
Reine et le loup se regardent.
Il me dit merci, pense Reine.
Elle m’a sauvé, pense le poisson.
Le loup repart vers la mer.
Reine regagne la terre.
Il est des loups de terre et des reines de mer,
Juste à la frontière.
vendredi 25 avril 2008
Preuve n° 2
jeudi 24 avril 2008
Quand penser NUIT GRAVEMENT A LA SANTE mentale
Je t’ai dit que je n’attendais rien ?
Ce n’est pas vrai, j’attends l’impossible.
J’attends que les routes ne mènent enfin nulle part.
Je tombe et je me relève cent fois dans la journée.
Je me cogne la tête contre les murs de l’habitude.
Je ne sais pas quoi faire de mes mains.
Je n’arrive plus à écrire.
Une boule de nerfs, un truc en fusion permanente, une flèche sans destination, un cerceau qui tourne à vide, une seule idée en tête qui vient cogner douloureusement contre mon crâne.
Je marche, je respire, je vis.
J’essaie de ne plus penser.
L’obsession s’en va.
Elle revient plus violente encore.
Je ne me reconnais plus.
Je me sens tellement ridicule.
Le pire, c’est que ça ne change rien.
Mon ridicule ne me tue pas.
J’ai essayé d’occuper mon corps, je n’y arrive pas.
J’ai essayé de vider ma tête, je n’y arrive pas.
J’ai essayé d’imaginer ce jour où je serai libre enfin, je n’y arrive pas.
J’ai essayé de…
Elle revient plus violente encore.
Et c’est tellement facile de céder.
Ne pas faire payer les autres, ne pas déverser ma rage sur ceux que j’aime, ne pas les accuser de mon impuissance…
Une autre respiration.
Petite victoire.
Ne pas aller trop vite.
Je t’ai dit que je n’attendais rien ?
Ce n’est pas vrai, j’attends l’impossible.
J’attends que mes routes me mènent enfin nulle part.
Tu vois ce petit point là-bas ?
C’est moi, en route vers nulle part,
Là où tout arrive parce qu’on n’attend plus rien.
""Y'a une route.
Tu la longes ou tu la coupes.
Tu t'allonges et on te passe dessus,
Ou tu te lèves et on te tire dessus,
Mais, y'a une route.
C'est mieux que rien.
Sous tes semelles c'est dur et ça tient."









