lundi 16 novembre 2009
Une vieille carne
La semaine dernière, Claudio a publié sur son blog un texte dans lequel il décrivait une vieille. J'ai voulu offrir un droit de réponse à cette dernière. Vous le trouverez juste là.
Bonnes lectures !
samedi 14 novembre 2009
Courir après les mots
Il en a rêvé, encore, et il l'a fait. Et il a bien fait.
Du samedi 14 au dimanche 22 novembre, le cinquième marathon d'écriture bat son plein grâce à
Alain.
Si vous souhaitez participer vous aussi, suivez ce lien,
vous y apprendrez très vite ce qu'est un marathon et vous pourrez vous
inscrire.
Vive le sport.
vendredi 13 novembre 2009
Bidonologie, séance n° 12
Un de mes dessins animés préférés ! Je vous laisse vous régaler :
jeudi 12 novembre 2009
"Et ça continue, encore et encore..."
Le jardin "zen" avance. Pas fini - le sera-t-il jamais?- mais chouette quand même, on s'y sent de mieux en mieux. Il manque encore pas mal de galets, un effet moucheté bleu foncé sur le bleu clair, et puis, même si on ne le voit pas là, une façade à crépipeindre (c'est une longue histoire, mais, pour faire bref, depuis que nous avons passé le béton du sol au karcher, le crépi des murs est tombé et il nous faut le refaire!). Et dire qu'en commençant les travaux début juillet, nous pensions que nous aurions fini quinze jours plus tard ! C'est beau d'être naïf! Si on avait su tout ça, on n'aurait sans doute jamais commencé !
Conclusion n°1 : Vive la naïveté !
Conclusion n°2 : Faudrait qu'on arrive un jour à en parler au passé !
Conclusion n°3 : En attendant, ça fait marrer les oiseaux qui s'envolent !
C'est que le début, d'accord, d'accord...
mardi 10 novembre 2009
Refaire le monde
C'était il y a bientôt deux ans.
Une soirée d'hiver chez Tangi.
Nous avions beaucoup bu. Moi du thé, eux des bières. A moins que ce ne soit l'inverse...
Beaucoup fumé aussi...
Sur ma gauche, contre le mur de la petite cuisine, une pile de tartelettes au citron me faisait de l'œil.
Pas pour très longtemps...
Sur ma droite, j'observais les bocaux alignés sur une étagère de fortune.
L'un d'entre eux me plaisait particulièrement. Derrière le verre, on devinait la farine, mais une main malicieuse avait griffonné sur l'étiquette : "Cocaïne".
Nous étions bien.
Il faisait froid dehors, il faisait nuit, et nous refaisions le monde.
A un moment donné, donné par qui?, j'ai demandé à Tangi et à Armel comment ils se représentaient leur corps et surtout, ce qu'il y avait dans leur cerveau. Pensaient-ils qu'ils avaient une âme? Un conscient? Un inconscient? Où tout cela était-il placé et est-ce que ça avait une place?
Quelques minutes plus tard, crayon en main, nous refaisions notre monde...
Si vous aussi vous avez envie de jouer, n'hésitez pas à m'envoyer vos schémas.(il suffit de cliquer en bas à droite sur "contacter l'auteur", ou, plus simplement elbolg(arobase)orange(point)fr )
EDIT : Pour savoir qui est l'auteur d'un schéma, il suffit de passer la souris dessus. Merci à Papistache et à Claudio, j'attends vos schémas, les autres ! :-)
Autant de personnes, autant de visons du monde, des mondes...
samedi 7 novembre 2009
Soleil d'automne
Je suis assise sur une grosse pierre.
Elle se repose sur mes genoux, tête renversée.
Elle regarde les nuages.
Je la regarde regarder les nuages.
Elle rompt soudain le silence :
- Je me souviens avant ton ventre.
Elle a dit ça calmement, comme une évidence.
- Tu étais où, avant d'être dans mon ventre ?
Elle soulève les épaules et se retourne vers moi en souriant :
- Dans le ciel !
Maintenant, c'est moi qui souris.
- Et c'était comment, dans le ciel ?
- C'était trop chaud.
Elle laisse passer un temps.
- A cause du soleil. Il me brûlait mes nuages...
jeudi 5 novembre 2009
VIVAMUS
Vivamus mea Lesbia, atque amemus,
rumoresque senum severiorum
omnes unius aestimemus assis!
soles occidere et redire possunt:
nobis cum semel occidit brevis lux,
nox est perpetua una dormienda.
da mi basia mille, deinde centum,
dein mille altera, dein secunda centum,
deinde usque altera mille, deinde centum.
dein, cum milia multa fecerimus,
conturbabimus illa, ne sciamus,
aut ne quis malus inuidere possit,
cum tantum sciat esse basiorum.
Catulle, Carmina 5
mardi 3 novembre 2009
Pour vous, c'est quoi être français?
Ce matin, dans ma boîte aux lettres, j'ai trouvé un prospectus.
Un bout de papier jaune avec la tête d'un homme au sourire impeccable et à la mise soignée. J'ai regardé d'un peu plus près. En vrac s'étalaient devant mes yeux des bijoux cassés, une croix, des bagues, des pièces, des lingots, et puis, et là mes poils se sont dressés sur mes bras, il y avait parmi tout cet étalage indécent des dents en or… Très vite, ça m'a mise mal à l'aise. Comme des relents de seconde guerre mondiale, j'ai revu les tas de chaussures, les cheveux pour les perruques, les bijoux d'un côté, l'or des dents de l'autre… J'ai mal au cœur rien que d'écrire cela, un air de dégoût sur le visage, comme si j'allais vomir…
J'imagine ces hommes et ces femmes, ceux à qui il ne reste plus rien pour vivre, qui vont dépouiller pépé et mémé, qui vont abandonner dans les mains de l'usurier l'alliance de mariage, la bague de l'arrière grand-mère, les dents de Papy qui de toutes façons n'en a plus besoin pour boire son bouillon…
C'est quoi être français, aujourd'hui?
- C'est entendre que la France est le pays des droits de l’Homme, de la générosité, de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, de la laïcité et constater chaque jour un peu plus que ces mots sont devenus des coquilles vides.
- C'est assister à la débandade des services publics.
- C'est savoir le chômage qui progresse, les prisons qui débordent, la misère, l'alcoolisme, les charters qui se remplissent, la précarité et le bouclier fiscal aussi.
- C'est réaliser que les soins sont de plus en plus déremboursés, que la médecine a au moins deux vitesses.
- C'est observer progressivement les valeurs républicaines qu'on assassine, la marchandisation de l'école, les subventions à la culture qui se réduisent, l'art moderne gonflé de prétention qui s'affiche honteusement et glorifie la forme au détriment du fond et tous ces mômes qu'on envoie à l'abattoir…
- C'est…
C'est quoi être français, aujourd'hui?
C'est continuer à croire que la lutte des classes c'est du passé, un truc ringard pour les vieux, nous sommes tellement modernes ...
C'est finir par croire que la gauche et la droite c'est la même chose, que le syndicalisme est mort, que les politiques sont tous pourris...
C'est soigner son corps avant tout, penser bio, adorer Hulot, et laisser se développer tout ce qui porte atteinte à l'humanité encore plus brutalement.
C'est s'évader le plus possible dans des lectures, des voyages, des films préfabriqués pour oublier que nous nous faisons enculer.
C'est être persuadé que nous sommes rebelles quand nous disons la même chose que tous les autres opprimés, et se satisfaire de cela, parce que c'est tout ce que nous croyons pouvoir faire, gueuler ensemble comme des gentils moutons.
C'est cesser de croire que c'est nous qui décidons ce que c'est qu'être français.
C'est laisser ce pouvoir dans les mains de ceux qui, après nous avoir pris nos bijoux de famille, sauront toujours par quoi nous tenir…
C'est quoi être français, aujourd'hui?
C'est être persuadé que pour vivre heureux, il faut savoir fermer les yeux.
C'est avoir des rêves étriqués, des rêves individualistes, des rêves formatés.
C'est oublier le passé.
C'est craindre l'avenir.
C'est supporter le présent.
Et laisser mourir à petit feu la flamme de la révolte.
mercredi 21 octobre 2009
Je voudrais ...
Je voudrais une fête étrange - Jacques Bertin
Je voudrais
Une fête étrange et très calme
Avec des musiciens silencieux et doux
Ce serait
Par un soir d’automne un dimanche
Un manège très lent, une fine musique
Des femmes nues assises sur la pierre blanche
Se baissent pour nouer les lacets des enfants
Des enfants
En rubans et qui tirent des cerfs-volants blancs
Les femmes fredonnent un peu, leur tête penche
Je voudrais
D’éternelles chutes de feuilles
L’amour en un sanglot un sourire léger
Comme on fait
Entre ses doigts glisser des herbes
Des femmes calmement éperdues allongées
Des serpentins qui voguent comme des prières
Une danse dans l’herbe et le ciel gris très bas
Lentement
Et le blanc et le roux et le gris et le vert
Et des fils de la vierge pendent sur nos bras
Et mourir
Aux genoux d’une femme très douce
Des balançoires vont et viennent des appels
Doucement
Sur son ventre lourd poser ma tête
Et parler gravement des corps. Le jour s’en va
Des dentelles des tulles dans l’herbe une brise
Dans les haies des corsages pendent des nylons
Des cheveux
Balancent mollement on voit des nuques grises
Et les bras renvoient vaguement de lourds ballons
vendredi 16 octobre 2009
N'empêche...
Je trouve que c'est normal que les mecs s'organisent pour préparer la gestion de la grippe A, il me semble que si j'étais au gouvernement, j'en ferais autant, histoire de pas me faire lapider ensuite par ceux qui ont voté pour moi et qui auraient tôt fait de me conspuer si j'avais minimisé le risque.
Bien, ça c'est dit.
N'empêche…
Au jour d'aujourd'hui, comme on s'autorise à le dire, on suppose que cette grippe pourrait toucher 20 pour 100 des français, elle a déjà coûté plus de 1,5 milliards d'euros.
C'est beaucoup 1,5 milliards d'euros. Et c'est peut-être trop peu, je n'en sais rien, je ne suis pas médecin. Peut-être faut-il vacciner les personnes à risque puisque c'est ce qu'on nous dit, je ne vois pas de raisons a priori de ne pas le croire, malgré mon esprit parfois acide je ne suis pas fan des diverses thèses du grand complot. Oui, les labos vont s'en mettre plein les poches. Et alors? C'est pas déjà ce qu'ils font?
C'est beaucoup quand même au regard de ce qu'on pourrait faire avec cette somme.
Pas moins de 10 millions d'enfants meurent chaque année dans le monde, et on estime à 6 millions le nombre d'entre eux qui pourrait être sauvé par un simple traitement médical et des mesures de prévention basiques. C'est pas moi qui le dit. C'est des types qu'essaient de sauver des gosses qui crèvent dans des pays dont on n'a pas vraiment envie de parler. Ces types, ils disent que le traitement des 19 millions d’enfants les plus gravement malnutris nécessiterait moins de 3 milliards d’euros par an.
Avec ce que vient de débourser la France, on aurait pu en sauver presque 10… Millions…
Je sais bien, faut pas comparer, on me le dit souvent. Rien à foutre. Je compare. Les milliards d'euros ou de dollars pour soigner les plus riches, on va les trouver. Je n'en doute pas. On sera contents, notre gouvernement est là qui veille, on se fera pas emmerder, on n'aura que très peu de dommages collatéraux, je suis toujours pas médecin, mais je dirais, à la louche, autant que ce que ferait une grosse bonne grippe… Mais je peux me tromper, forcément, je suis pas médecin…
N'empêche. Dans l'hémisphère nord, aux dernières nouvelles et selon le dernier rapport de l'OMS, la grippe a tué 4.735 personnes. Je suis désolée pour elles, et bien sûr que ça me ferait souffrir si c'était l'un de mes proches qui était touché. Bien sûr, j'ai un cœur tout de même.
En France, il y en a pour le moment moins de dix mais les rapports les plus alarmistes prédisent plus de 30 000 morts.
N'empêche. Le traitement des 19 millions d’enfants les plus gravement malnutris nécessiterait moins de 3 milliards d’euros par an.
Et où qu'ils sont les gosses les plus malnutris? En France? Dans l'hémisphère Nord? Oui, il y en a, c'est vrai, mais on sait bien que c'est dans ce qu'on nomme pudiquement les pays en voie de développement que vivent la plupart de ces crève-la-faim…
CQFD
A part ça, je n'arrive plus à écrire.
Je me demande bien pourquoi…













